La famille de Cédric Chouviat, livreur décédé lors d’un contrôle policier en janvier 2020, a décidé d’engager des démarches judiciaires contre l’État. Cette décision fait suite à une déclaration de la Défenseure des droits, Claire Hédon, qui a établi que les forces de l’ordre avaient fait « un usage disproportionné de la force ». Les avocats de la famille, Mes Arié Alimi, Vincent Brengarth et William Bourdon, prévoient de contacter le ministère de l’Intérieur pour entamer un recours en responsabilité devant les juridictions administratives.
EN BREF
- La famille de Cédric Chouviat engage la responsabilité de l’État après sa mort en 2020.
- La Défenseure des droits qualifie l’intervention policière d’usage disproportionné de la force.
- Un recours pour fonctionnement défectueux de la justice est également prévu.
Cette affaire, qui a suscité une large attention médiatique, met en lumière les questions de violences policières en France. Cédric Chouviat, lors de son interpellation, avait exprimé à plusieurs reprises sa détresse, affirmant qu’il étouffait, avant de succomber à ses blessures deux jours plus tard. Claire Hédon a reconnu dans son rapport que les policiers avaient agi de manière inappropriée lors de l’intervention, et a appelé le ministre de l’Intérieur à prendre des mesures disciplinaires à l’encontre des agents impliqués.
Les avocats de la famille de Chouviat ont souligné l’absence de procédures et de sanctions contre les policiers qui ont continué à exercer leurs fonctions normalement après ces événements tragiques. Ils souhaitent que des mesures soient prises pour que des responsabilités soient établies et que justice soit rendue.
Un recours pour fonctionnement défectueux de la justice est également sur le point d’être engagé. Le procès prévu depuis six ans n’a toujours pas de date d’audience fixée, ce qui alimente le sentiment d’injustice ressenti par la famille. Les avocats ont dénoncé cette situation, affirmant que les victimes ont droit à une justice rapide et équitable.
Christian Chouviat, le père de la victime, a insisté sur le fait que les gestes répétés des policiers ne peuvent être qualifiés d’homicide involontaire, affirmant que ces actions étaient volontaires et intentionnelles. Il a appelé à une réévaluation de la qualification judiciaire de l’affaire, qui a été qualifiée d’homicide involontaire par les magistrats.
Les avocats des policiers mis en cause, Pauline Ragot et Thibault de Montbrial, ont exprimé leur surprise face à la déclaration de la Défenseure des droits, indiquant que celle-ci n’avait pas informé les policiers de son avis avant sa publication, ce qui va à l’encontre des pratiques légales. Ils souhaitent que la justice soit rendue de manière équitable et impartiale, sans préjugés ni biais.
Cette affaire met également en avant des pratiques problématiques au sein des forces de l’ordre. Claire Hédon a noté des manquements dans la manière dont les policiers ont géré la situation, en soulignant qu’aucune tentative de désescalade n’a été réalisée. Le manque de respect et de courtoisie dans les échanges entre les agents et Cédric Chouviat a été signalé, illustrant une fois de plus les tensions qui peuvent exister lors des contrôles policiers.
Alors que la justice tarde à se prononcer, la famille de Cédric Chouviat reste déterminée à obtenir des réponses et à faire reconnaître les responsabilités engagées dans cette tragédie. L’attente d’une audience, prévue pour l’automne 2026, ne fait qu’accroître leur impatience et leur désir de justice.