La réforme du Compte personnel de formation (CPF) apporte son lot de changements significatifs qui risquent de décevoir de nombreux Français souhaitant se former. En effet, le Budget 2026, qui doit être validé par le Conseil constitutionnel, introduit des mesures restrictives qui affectent directement l’utilisation des fonds du CPF. Ces nouvelles règles entreront en vigueur dès le 21 février 2026.
EN BREF
- Le financement du permis de conduire via le CPF sera limité aux demandeurs d’emploi.
- Une revalorisation du reste à charge pour utiliser le CPF est attendue.
- Un plafonnement des prises en charge pour certaines formations sera mis en place.
La première mesure qui a suscité le plus de controverse est la restriction du financement du permis de conduire. Désormais, seuls les demandeurs d’emploi et les salariés bénéficiant d’un abondement de la part de leur employeur ou d’un organisme de formation pourront financer cette formation via leur CPF. Cette décision fait suite à une forte demande pour le permis B, qui était la formation la plus sollicitée en 2025, devant le bilan de compétences et la validation des acquis de l’expérience.
Bien que des députés aient tenté de contester cette mesure en saisissant le Conseil constitutionnel, celui-ci a déclaré qu’elle était conforme à la Constitution. Le ministère du Travail a confirmé que cette restriction entrerait en vigueur au lendemain de la promulgation de la loi de finances 2026, soit le 21 février prochain.
Une autre mesure d’importance concerne le reste à charge pour l’utilisation du CPF. Depuis le 2 mai 2024, un montant de 100 euros doit être réglé par l’utilisateur pour accéder à certaines formations. Ce montant sera revalorisé chaque année en fonction de l’inflation, ce qui pourrait porter le reste à charge à 150 euros cette année. Les demandeurs d’emploi et ceux bénéficiant d’un abondement ne seront pas concernés par ce reste à charge, comme c’est déjà le cas actuellement.
En parallèle, un plafonnement de la prise en charge des droits issus de l’alimentation du CPF sera instauré pour les formations menant à des certifications professionnelles. Cela inclut des formations en langues étrangères, en bureautique ou en intelligence artificielle, souvent rattachées au répertoire spécifique, avec un plafond de 1 500 euros. Les bilans de compétences seront également concernés, avec un plafond fixé à 1 600 euros.
Ces mesures, qui visent à encadrer l’utilisation du CPF, soulèvent des inquiétudes quant à l’accès à la formation professionnelle pour de nombreux travailleurs. En effet, si le coût d’une formation dépasse ces seuils, l’utilisateur ne pourra pas recourir à l’intégralité de son solde CPF, même s’il est supérieur au coût de la formation.
Avec ces évolutions, l’avenir du Compte personnel de formation semble incertain, et nombreux sont ceux qui s’interrogent sur la réelle possibilité de se former dans un cadre de plus en plus restrictif. Les répercussions de ces modifications sur le marché de la formation et sur l’employabilité des travailleurs pourraient être significatives.
Alors que le débat sur l’accès à la formation professionnelle continue, il est crucial de surveiller l’impact de ces nouvelles règles dans les mois à venir. Le CPF, qui devait initialement faciliter l’accès à la formation, se transforme ainsi en un outil aux contraintes accrues.