Retour des frelons asiatiques : les apiculteurs se mobilisent pour protéger leurs abeilles

Avec l’arrivée du printemps, une menace bien connue refait surface : les frelons asiatiques. Ces insectes, redoutés par les apiculteurs, commencent à établir leurs nids, mettant en péril les colonies d’abeilles qui jouent un rôle crucial dans la pollinisation.

EN BREF

  • Les frelons asiatiques reviennent et menacent les abeilles en période de nidification.
  • Les apiculteurs, comme Simon Casset, appellent à agir rapidement pour protéger leurs colonies.
  • Un plan national de lutte contre cette espèce invasive a été récemment lancé, avec un budget de trois millions d’euros par an.

Simon Casset, apiculteur savoyard possédant 700 ruches, constate déjà une diminution des abeilles. « Petit à petit, le nombre d’abeilles dans la ruche va diminuer, ce qui va stresser la colonie », explique-t-il. La crainte des apiculteurs est légitime, car une colonie stressée est moins capable de forager, ce qui peut avoir des conséquences désastreuses pour leur santé et leur survie, en particulier dans les mois d’hiver.

Les frelons asiatiques consomment en moyenne plus de 11 kilos d’insectes entre mars et octobre, une pression insoutenable pour les ruches. Pour lutter contre cette invasion, la pose de pièges est essentielle. « C’est fondamental de piéger maintenant les fondatrices. Les frelons piégés aujourd’hui sont autant de nids en moins cet été et à l’automne », souligne Simon Casset, lors d’une interview sur RMC.

En Savoie, Joël Astier-Perret, référent du Groupement de défense sanitaire, coordonne les efforts des apiculteurs pour installer des pièges sur les communes afin de couvrir le maximum de ruchers. Un suivi hebdomadaire des pièges permet de mieux évaluer l’ampleur de l’invasion.

Dans le Rhône, Franck, également apiculteur amateur, adopte une approche similaire, en utilisant des pièges sélectifs pour éviter de capturer d’autres espèces. « Une grille permet aux autres insectes de sortir, tout en maintenant les frelons piégés », explique-t-il.

La coopération entre les particuliers et les apiculteurs est cruciale dans ce combat. Chacun peut signaler un nid sur le site dédié au frelon asiatique. Toutefois, il est primordial d’éviter toute intervention personnelle, car les piqûres peuvent être dangereuses. Stéphane Bras, porte-parole de Prosane, met en garde contre les risques d’attaques, surtout lorsque les nids se trouvent en hauteur ou dans des endroits difficiles d’accès.

Le gouvernement a récemment dévoilé un plan national de lutte contre le frelon asiatique, basé sur une loi adoptée en mars 2025. Ce plan vise à contrôler, plutôt qu’à éradiquer, cette espèce invasive, en se concentrant sur trois axes principaux : mieux comprendre l’insecte, organiser la lutte et coordonner les acteurs impliqués. Avec un budget de trois millions d’euros par an, cette initiative marque une avancée significative dans la lutte contre les frelons asiatiques.

Cependant, certains experts et apiculteurs estiment que ce budget est insuffisant. L’Union nationale de l’apiculture française suggère qu’il faudrait un investissement de 110 millions d’euros pour une action efficace. Éric Darrouzet, enseignant-chercheur à l’Université de Toulouse, souligne que le gouvernement devra faire des choix stratégiques pour maximiser l’impact de ces fonds.

Stéphane Bras renchérit, en plaidant pour une politique globale qui inclut les services de l’État, les particuliers et les collectivités locales. Ce jeudi 16 avril, des experts rencontreront des membres du cabinet du ministère de la Transition écologique pour discuter du financement de divers projets de lutte contre le frelon asiatique.

Face à cette invasion, la mobilisation des apiculteurs et des citoyens est essentielle. La lutte contre le frelon asiatique n’est pas seulement un défi pour les apiculteurs, mais également une nécessité pour préserver la biodiversité et la santé des écosystèmes.