Le médicament Tavneos, utilisé pour traiter certaines maladies inflammatoires rares, a été retiré du marché français à compter du mercredi 19 août 2026, annonce l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM). Cette décision fait suite à des signalements de décès survenus à l’étranger, incitant les autorités sanitaires à agir rapidement.
EN BREF
- Retrait du Tavneos en France, suite à des décès signalés au Japon.
- Le médicament, commercialisé par Amgen, concerne environ 600 patients en France.
- Les autorités appellent à une transition vers des alternatives thérapeutiques.
Tavneos, développé par la société américaine Amgen, est prescrit pour des maladies auto-immunes rares et repose sur la molécule active avacopan. En France, il est actuellement administré à environ 600 patients. La décision de retirer ce traitement fait suite à un rapport alarmant en provenance du Japon, où une vingtaine de décès ont été associés à des effets secondaires graves, notamment des complications hépatiques.
Ce rappel massif a été motivé par une réévaluation des données cliniques soumises aux régulateurs lors de l’approbation du médicament. L’essai clinique initial avait été réalisé par le groupe ChemoCentryx, racheté par Amgen en 2022. La mise en lumière de ces décès a suscité des interrogations quant à la solidité de l’étude sur laquelle reposait l’autorisation de mise sur le marché (AMM) de Tavneos.
Les autorités sanitaires européennes ont réévalué les données et, en juillet, ont recommandé le retrait de l’autorisation de commercialisation de Tavneos à l’échelle de l’Union européenne. Cette recommandation a été entérinée par la Commission européenne début août, entraînant des actions concertées au niveau national.
En France, l’ANSM a précisé que le laboratoire Vifor France, une filiale de CSL Vifor, a entamé le rappel de tous les lots de Tavneos 10 mg encore disponibles sur le territoire. L’agence a souligné que le rapport bénéfice/risque de ce médicament était désormais jugé défavorable.
Face à cette situation, l’ANSM met en garde contre un arrêt brutal du traitement. Les patients sont encouragés à ne pas interrompre leur médication sans avis médical, et les médecins sont priés de se mobiliser pour proposer rapidement des alternatives. La gestion des traitements des maladies rares est un enjeu crucial, et toute interruption peut avoir de graves conséquences pour les patients concernés.
Aux États-Unis, la Food and Drug Administration (FDA) a également recommandé à Amgen de retirer volontairement le médicament du marché. Suite au refus de la société, une procédure est en cours pour envisager un retrait forcé.
Dans un contexte où la sécurité des traitements médicaux est primordiale, ce retrait soulève des questions sur la nécessité d’une surveillance accrue des médicaments, surtout ceux destinés à des maladies complexes. Les patients et professionnels de la santé doivent rester vigilants et informés des évolutions concernant leurs traitements.