Retraite : le service militaire, une clé méconnue pour avancer son départ

À l’approche de l’âge de la retraite, de nombreux futurs retraités découvrent des éléments sur leur relevé de carrière qui pourraient leur permettre d’avancer leur départ. L’un de ces détails concerne le service militaire, souvent oublié, qui peut révéler un atout significatif pour certains. En effet, quelques mois passés sous les drapeaux pourraient permettre d’obtenir jusqu’à un an d’avance sur la date de départ, à condition que ces périodes soient correctement prises en compte dans le calcul des trimestres.

EN BREF

  • Le service militaire peut réduire l’âge de départ à la retraite d’un an.
  • La loi de 2023 modifie l’âge légal de départ à 64 ans.
  • Un maximum de 4 trimestres de service national peut être utilisé pour la retraite anticipée.

Depuis l’entrée en vigueur de la loi n° 2023-270, promulguée le 14 avril 2023, l’âge légal de départ à la retraite est progressivement fixé à 64 ans, tandis que la durée d’assurance maximale est portée à 172 trimestres. Dans ce contexte, le service militaire retrouve une importance cruciale pour ceux qui souhaitent prendre leur retraite avant l’âge légal, à condition de respecter certaines règles.

Conditions d’éligibilité à la retraite anticipée

Le dispositif de retraite anticipée s’adresse principalement aux personnes ayant commencé à travailler tôt. Selon l’année de naissance, il est nécessaire d’avoir validé 4 ou 5 trimestres avant la fin de l’année de ses 16, 18, 20 ou 21 ans, puis d’atteindre la durée d’assurance requise, laquelle peut aller jusqu’à 172 trimestres pour les générations les plus récentes.

Il est essentiel de noter que tous les trimestres ne sont pas considérés de la même manière. L’Assurance retraite (CNAV) distingue les trimestres « cotisés » des trimestres « réputés cotisés ». Les périodes de chômage et de maladie sont prises en compte dans le calcul total, mais elles sont limitées pour bénéficier d’une carrière longue. À cet égard, le service national est une exception, car il est classé en trimestres réputés cotisés, avec un plafond de 4 trimestres sur l’ensemble de la carrière.

Calcul des trimestres de service militaire

Pour valider un trimestre de retraite, il suffit d’avoir effectué 90 jours de service militaire, qu’il soit consécutif ou non, avec une limite de 4 trimestres par année civile, tous régimes confondus. En général, dix mois de service militaire donnent droit à 3 trimestres, alors que douze mois peuvent en valider jusqu’à 4, voire 5 si la période chevauche deux années civiles. Toutefois, pour ceux qui envisagent une carrière longue, seuls 4 trimestres de service national peuvent être utilisés pour réduire l’âge de départ.

Les mois supplémentaires passés dans l’engagement militaire ne sont pas perdus. Ils améliorent la durée totale d’assurance, augmentant ainsi l’accès au taux plein, mais ils ne permettent pas de réduire l’âge de départ en dessous du seuil prévu pour la génération concernée. Néanmoins, bien utilisés, ces 4 trimestres peuvent combler une année manquante et transformer un départ prévu à 64 ans en une sortie anticipée plusieurs mois plus tôt.

Le futur du service national

À partir de 2026, un nouveau service national volontaire remplacera le SNU, qui sera « exclusivement militaire », a précisé le ministère des Armées. Destiné aux jeunes de 18 à 25 ans, ce service prévoit 10 mois d’engagement, dont un mois de formation et 9 mois en unité. Les participants bénéficieront d’une solde d’au moins 800 € brut, avec l’hébergement et l’alimentation pris en charge. Ce service pourra également compter comme une année de césure sur Parcoursup. Les modalités précises de conversion de ce temps de service en trimestres de retraite restent à définir par décret.

Pour ceux qui envisagent un départ anticipé en 2026 ou 2027, il sera indispensable de garder ces éléments à l’esprit afin de maximiser l’impact de leur service militaire sur leur future retraite.