Retraites 2026 : attention aux hausses d’impôts pour les pensions élevées

À partir du 1er janvier 2026, les retraités pourraient faire face à une augmentation de leurs prélèvements sociaux, même si leur pension brute ne change pas. Ce phénomène résulte de la mise à jour du barème de la Contribution Sociale Généralisée (CSG) applicable aux pensions de retraite.

EN BREF

  • Les seuils de la CSG pour 2026 augmentent, impactant les pensions élevées.
  • Le revenu fiscal de référence de 2024 détermine le taux appliqué sur les pensions.
  • Les retraités doivent surveiller leurs avis d’imposition pour éviter des surprises.

En effet, la mise à jour des barèmes ne dépend pas directement du montant de la pension versée en 2026, mais du revenu fiscal de référence de l’année 2024. Dès qu’un certain seuil est dépassé, les prélèvements sociaux peuvent atteindre jusqu’à 9,1 % de la pension brute, entraînant une hausse significative de la note fiscale des retraités.

Les taux de CSG à connaître

Pour l’année 2026, les pensions de retraite seront soumises à quatre niveaux de CSG : 0 %, 3,8 %, 6,6 % et 8,3 %. À cela s’ajoutent la Contribution au Remboursement de la Dette Sociale (CRDS) à 0,5 % et, sauf cas d’exonération, la Contribution Additionnelle de Solidarité pour l’Autonomie (CASA) à 0,3 %. En résumé, les prélèvements sociaux pourront atteindre 0 %, 4,3 %, 7,4 % ou 9,1 % de la pension brute, selon le seuil franchi.

Ces seuils seront indexés sur l’inflation hors tabac de l’année 2024, avec une hausse estimée des seuils d’environ 1,8 %. Ainsi, le taux appliqué en 2026 dépendra du revenu fiscal de référence 2024, que l’on trouve sur l’avis d’imposition de 2025.

Seuils spécifiques pour les retraités

Pour un retraité seul imposé sur une part, les seuils de 2026 sont les suivants :

  • En dessous de 13 048 € de revenu fiscal de référence 2024, aucun prélèvement social ne s’applique.
  • Entre 13 049 € et 17 057 €, la CSG est de 3,8 %.
  • Entre 17 058 € et 26 471 €, la CSG passe à 6,6 %.
  • Au-delà de 26 472 €, la CSG atteint le taux normal de 8,3 %, avec un total de prélèvements pouvant grimper à 9,1 %.

Un rapport à l’Assemblée nationale évoque le cas d’un retraité percevant 2 700 € brut par mois. Avec les nouvelles règles, son revenu fiscal de référence dépassera le seuil le plus élevé, entraînant une augmentation de ses prélèvements sociaux de 1,7 point, soit environ 46 € de perte nette mensuelle, ce qui représente plus de 550 € sur l’année.

Les couples et les seuils à surveiller

Pour un couple (deux parts), la transition vers le taux normal commence à partir d’un revenu fiscal de référence d’au moins 40 604 €. En pratique, le passage du taux réduit au taux médian peut entraîner une perte d’environ 45 € par mois sur une pension brute de 1 500 €, alors que le passage du médian au normal peut réduire d’environ 25 €.

Pour éviter les surprises, trois vérifications s’avèrent cruciales :

  • Repérez votre revenu fiscal de référence 2024 sur votre dernier avis d’imposition.
  • Comparez-le aux seuils correspondant à votre situation familiale, notamment 26 472 € pour une part et 40 604 € pour deux parts.
  • Surveillez attentivement les pensions versées en février et mars 2026, car une baisse nette significative peut indiquer un changement de tranche de CSG.

Un mécanisme de lissage peut parfois atténuer la hausse lors du passage à un taux supérieur, à condition de dépasser le seuil pendant deux années consécutives. Cependant, ce dispositif ne s’applique pas pour les exonérations ni pour le passage du taux médian au taux normal. Une partie de la CSG demeure déductible de l’impôt sur le revenu, mais 2,4 points ne le sont pas et contribuent à augmenter le revenu imposable.

En cas de doute sur le taux appliqué à votre pension, ou si vos revenus ont considérablement diminué depuis 2024, il est vivement recommandé de contacter votre caisse de retraite ou l’organisme complémentaire pour obtenir une vérification détaillée de votre situation.