Alors que le sujet des impôts suscite toujours autant d’intérêt, la Direction générale des finances publiques a révélé des chiffres importants concernant les retraités. En effet, sur les 41,5 millions de foyers fiscaux en France, seulement 19,6 millions sont redevables de l’impôt sur le revenu. La situation est similaire chez les retraités, où environ la moitié des 17,2 millions de pensionnés s’acquittent de cet impôt. Pour ceux d’entre eux percevant une pension mensuelle de 2000 €, soit un revenu annuel de 24 000 €, il est essentiel de comprendre comment se calcule l’impôt afin de mieux anticiper son budget.
EN BREF
- Environ 50 % des retraités paient des impôts sur le revenu en France.
- Un retraité de 2000 € nets par mois peut réduire sa base imposable grâce à des abattements.
- La CSG et autres prélèvements sociaux impactent directement le revenu net perçu.
Pour les retraités, un abattement forfaitaire de 10 % sur les pensions déclarées est appliqué. Par conséquent, un revenu annuel de 24 000 € est réduit à 21 600 € pour le calcul de l’impôt. Ce mécanisme, qui est plafonné à 4 123 € par foyer en 2026, vise à compenser certaines charges liées à la retraite. Ainsi, la base imposable diminue, ce qui influence favorablement le montant final de l’impôt et constitue une première protection fiscale pour l’ensemble des retraités.
De plus, en 2026, les retraités âgés de plus de 65 ans peuvent bénéficier d’un abattement supplémentaire, sous certaines conditions. Pour une personne seule, si le revenu annuel se situe entre 17 667 € et 28 423 €, l’abattement atteint 1 411 €. En dessous de 17 667 €, il s’élève à 2 820 €. Pour les couples, il suffit qu’un des conjoints remplisse la condition d’âge pour que l’abattement soit appliqué. Ce dispositif, souvent méconnu, permet d’alléger encore la facture fiscale.
Prenons l’exemple d’un retraité célibataire de 68 ans, percevant une pension de 2000 € nets par mois. Son revenu annuel de 24 000 € est d’abord réduit à 21 600 € après l’abattement de 10 %. Ensuite, grâce à l’abattement supplémentaire de 1 411 €, sa base imposable descend à 20 189 €. Ce calcul met en lumière l’impact de l’âge et du niveau de revenus sur le montant imposable. Ainsi, un revenu affiché de 24 000 € peut se transformer en une base fiscale inférieure de près de 4 000 €, ce qui modifie substantiellement le montant de l’impôt dû.
En parallèle, la contribution sociale généralisée (CSG) est prélevée directement sur les pensions. Son taux dépend du revenu fiscal de référence (RFR) de l’année N-2. Pour 2026, c’est donc le RFR de 2024 qui s’applique. Les retraités dont le RFR est inférieur à 13 048 € sont exonérés. Pour un RFR compris entre 13 048 € et 17 057 €, le taux réduit de 3,8 % s’applique. Entre 17 057 € et 26 470 €, le taux médian atteint 6,6 %, tandis qu’au-delà, il grimpe à 8,3 %. Ainsi, un retraité avec une pension de 2000 € mensuels, correspondant à un RFR médian, paiera environ 132 € de CSG par mois.
En outre, deux autres prélèvements sociaux s’ajoutent, à savoir la CRDS à 0,5 % et la CASA à 0,3 %. Bien que ces contributions soient modestes, elles viennent diminuer le montant net perçu chaque mois. Un retraité soumis au taux médian de CSG paiera donc environ 151 € de prélèvements sociaux mensuels, soit plus de 1 800 € par an. Ces sommes, directement prélevées, impactent immédiatement le pouvoir d’achat sans passer par la déclaration de revenus.
Il est également à noter qu’une partie de la CSG est déductible de l’impôt sur le revenu, ce qui en atténue l’impact. En 2026, 4,2 % de la CSG payée peut être retranchée du revenu imposable. Pour un retraité percevant 2000 € mensuels et soumis au taux médian, cela représente environ 1 000 € déductibles sur l’année. Ce mécanisme réduit la base fiscale et compense partiellement le poids des prélèvements sociaux. Ainsi, même si la pension nette est diminuée chaque mois, le calcul final de l’impôt tient compte de cette déduction, offrant ainsi une visibilité plus claire sur le montant à prévoir.