Les révélations concernant l’implication d’un diplomate français dans les affaires entourant Jeffrey Epstein suscitent une vive inquiétude au sein du gouvernement français. Ce mercredi 11 février, le ministre des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, a exprimé son indignation sur RTL, faisant référence à des éléments récemment révélés par Mediapart, mettant en lumière le rôle de Fabrice Aidan, ancien conseiller aux Nations Unies.
EN BREF
- Un diplomate français, Fabrice Aidan, impliqué dans des échanges avec Epstein.
- Jean-Noël Barrot lance une procédure administrative et disciplinaire.
- Des enquêtes en cours sur des allégations de corruption en Norvège.
Fabrice Aidan, qui occupait le poste de secrétaire des affaires étrangères, a été mentionné dans plus de 200 documents publiés par les autorités américaines. Les échanges entre Aidan et Epstein, s’étalant de 2010 à 2017, soulèvent de graves soupçons de violences sexuelles ainsi que des tentatives d’influence dans la vie politique de plusieurs pays européens, y compris la France.
Le ministre Barrot a déclaré que ces faits étaient d’une très grande gravité, précisant que des soupçons de tentative d’influence avaient été soulevés. Fabrice Aidan, en disponibilité pour convenances personnelles, est actuellement employé par le groupe d’énergie Engie, qui a annoncé la suspension de ses fonctions en raison des informations relayées par les médias.
Les e-mails échangés entre Aidan et Epstein montrent que le diplomate français a participé à des discussions professionnelles et personnelles avec le financier américain. À l’époque, Aidan était détaché aux Nations Unies à New York, où il a occupé le poste de conseiller principal auprès de Terje Roed-Larsen, l’envoyé spécial de l’ONU.
Les contenus des e-mails révèlent des interactions allant de la transmission de rapports officiels à des demandes d’assistance personnelle. Par exemple, Aidan a facilité l’organisation d’un séjour d’Epstein à Paris et a aidé à faire en sorte que ce dernier soit invité à des événements en Abou Dhabi, sans que ces échanges ne semblent établir un lien direct avec les crimes sexuels pour lesquels Epstein est désormais tristement célèbre.
Face à ces révélations, Jean-Noël Barrot a affirmé qu’il avait saisi le procureur de la République et lancé une procédure administrative. Le ministre a clairement indiqué que la justice devait être saisie et que la place des individus impliqués dans de telles affaires était devant les tribunaux.
En ce qui concerne les éventuelles sanctions à l’encontre de Fabrice Aidan, Barrot a déclaré qu’il n’excluait pas la possibilité d’une radiation, tout en veillant à ne pas impliquer l’ensemble des agents du ministère des Affaires étrangères dans cette affaire. Il a également souligné qu’une enquête préliminaire avait été ouverte par la police norvégienne pour corruption aggravée, ciblant Terje Roed-Larsen et sa compagne.
Cette affaire n’est pas sans précédent pour Fabrice Aidan, dont le nom avait déjà été évoqué dans le cadre d’une enquête menée par le FBI en 2013, concernant des consultations de sites pédopornographiques. À cette époque, l’ONU avait initié une enquête interne, mais Aidan avait quitté son poste avant son terme, obtenant un rapatriement urgent en France.
Les révélations sur cette affaire, qui avaient été esquissées dans le livre de Vincent Jauvert, « Un scandale de pédophilie étouffé par le Quai d’Orsay », soulignent la complexité des interactions entre diplomates français et Epstein, sans toutefois avoir permis d’établir des charges concrètes à l’époque.
Alors que l’affaire continue de se développer, les autorités françaises se trouvent dans une position délicate face à ces révélations qui pourraient entacher la réputation de la diplomatie française. Jean-Noël Barrot a affirmé que toutes les procédures nécessaires seraient suivies pour établir la vérité, tout en restant prudent sur les implications potentielles pour d’autres agents diplomatiques.