Rima Hassan accuse la police de manquements graves lors de sa garde à vue

Le 2 avril 2026, l’eurodéputée LFI Rima Hassan a été placée en garde à vue à Paris, une situation qui a suscité des tensions médiatiques et politiques. Quinze jours après cet événement, elle a décidé de saisir le Défenseur des droits, dénonçant ce qu’elle considère comme des « manquements » graves de la part des policiers impliqués.

EN BREF

  • Rima Hassan accuse la police de manquements lors de sa garde à vue.
  • Des fuites médiatiques sur une prétendue détention de drogue ont été démenties.
  • Une enquête pour violation du secret de l’enquête a été ouverte.

Rima Hassan, députée européenne franco-palestinienne, a été convoquée à la suite d’une publication sur la plateforme X, qui a depuis été supprimée. À l’issue de sa garde à vue, le parquet a annoncé qu’elle serait jugée pour apologie du terrorisme. Toutefois, des fuites dans la presse avaient rapporté la présence de stupéfiants, information qui a été par la suite démentie, l’enquête étant classée sans suite.

Dans un communiqué, l’avocat de Rima Hassan, Vincent Brengarth, a souligné la gravité des accusations portées contre les policiers. Il a indiqué : « Au vu de la gravité des manquements susceptibles d’avoir été commis, il est indispensable qu’une enquête intervienne rapidement. » Le Défenseur des droits a confirmé avoir été saisi de cette affaire.

Des accusations précises

Les accusations formulées par Rima Hassan portent sur plusieurs points. Tout d’abord, elle évoque un placement en geôle sans « nécessité » et des interrogations sur sa pratique religieuse, ce qui soulève des questions quant au respect des valeurs de la République. De plus, elle dénonce une étude de la géolocalisation de son téléphone sur une période de trois mois, ainsi que des investigations jugées « totalement disproportionnées », incluant des recherches auprès d’Air France.

Les avocats de Rima Hassan se montrent particulièrement inquiets quant à la manière dont les policiers ont géré la situation. Ils ont mis en lumière des « manquements » dans la rédaction des procès-verbaux, notamment l’omission de ses déclarations concernant la nature légale des substances en question. « Les policiers ont immédiatement mentionné la drogue de synthèse sans test approfondi », affirment-ils. Cette allégation soulève des doutes sur la façon dont les éléments de preuve ont été collectés et présentés.

Réactions politiques et médiatiques

Les réactions politiques ne se sont pas fait attendre. À l’Assemblée Nationale, le groupe La France insoumise a qualifié cette situation de « scandale d’État ». Le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, a quant à lui appelé au respect de « l’État de droit » et de « la séparation des pouvoirs ».

Rima Hassan a également demandé à la Défenseure des droits, Claire Hédon, d’examiner la situation entourant la prétendue découverte de drogue de synthèse, la 3-MMC, dans ses affaires. Elle affirme que les policiers ont mentionné cette drogue dans le procès-verbal, malgré ses déclarations concernant le CBD, qu’elle avait acheté légalement.

Les fuites médiatiques concernant la présence de « quelques grammes de drogue » dans son sac pendant la garde à vue ont également été confirmées par une source proche du dossier. Le parquet de Paris a, quant à lui, affirmé qu’il traitait environ 350 000 nouvelles procédures chaque année, ce qui justifie, selon eux, la rapidité du traitement de cette affaire.

Enfin, une enquête pour violation du secret de l’enquête a été ouverte le 3 avril, suite à des allégations concernant des échanges entre le porte-parole du ministère de la Justice et plusieurs journalistes. Sacha Straub-Kahn, en réponse à ces accusations, a dénoncé des « allégations mensongères » et a déposé plainte pour diffamation.

Cette affaire met en lumière des enjeux cruciaux relatifs au respect des droits des personnes durant les procédures judiciaires et la gestion de l’information par les institutions. Rima Hassan, en se battant contre ce qu’elle considère comme un abus de pouvoir, soulève des questions sur l’État de droit en France et le traitement réservé aux responsables politiques.