Ce jeudi 2 avril 2026, l’eurodéputée Rima Hassan, élue sous l’étiquette La France insoumise, a été placée en garde à vue dans les locaux de la police judiciaire à Paris. Cette décision fait suite à ses prises de position polémiques sur le conflit israélo-palestinien, qui ont suscité de vives réactions ces derniers mois. La nature précise de cette garde à vue soulève de nombreuses interrogations.
EN BREF
- Rima Hassan est en garde à vue pour des faits d’apologie du terrorisme.
- Cette enquête découle d’un tweet controversé sur Kōzō Okamoto, ancien membre d’une organisation terroriste.
- Elle reste présumée innocente, et l’affaire pourrait avoir des conséquences judiciaires lourdes.
Selon des sources concordantes, cette garde à vue s’inscrit dans le cadre d’une enquête menée par le Pôle national de lutte contre la haine en ligne. Ce dernier est chargé d’examiner les contenus illicites diffusés sur Internet. Le parquet de Paris n’a pas encore commenté cette procédure, qui est actuellement au stade de la garde à vue.
L’enquête a été déclenchée suite à un tweet publié par Rima Hassan le 26 mars, dans lequel elle évoquait Kōzō Okamoto. Ce dernier est connu pour avoir été impliqué dans le massacre de 26 personnes à l’aéroport international Ben-Gourion en Israël, le 30 mai 1972. Le contenu de ce message, qui a été rapidement supprimé, constitue le cœur des investigations.
La France insoumise a confirmé à l’AFP que son élue était entendue dans le cadre de cette enquête. En droit français, l’apologie du terrorisme est définie comme le fait de présenter de manière favorable des actes qualifiés de terroristes ou leurs auteurs. Ce délit est passible de 5 ans d’emprisonnement et de 75 000 euros d’amende, des peines qui peuvent être alourdies lorsque les faits sont commis via un service de communication en ligne, comme X.
Le tweet en question a suscité une vive polémique, notamment en raison des antécédents de Kōzō Okamoto, présenté comme un ancien terroriste. Ce dernier, avec deux complices, avait ouvert le feu sur des passagers à l’aéroport de Tel-Aviv, entraînant la mort de 26 personnes. Ce contexte dramatique renforce la gravité des accusations formulées contre Rima Hassan.
Ce n’est pas la première fois que l’Observatoire juif de France a porté plainte contre l’élue. En décembre 2024, cette association avait déjà saisi la justice en raison de publications jugées problématiques. Dans l’une de ces publications, Rima Hassan évoquait le droit à la résistance armée palestinienne, justifiant cette position en se référant à des résolutions des Nations unies. Elle avait alors commenté avec ironie les plaintes portées contre elle, dénonçant une « propagande » du régime israélien.
À l’issue de la garde à vue, le parquet de Paris prendra une décision concernant la suite de cette affaire. Il pourra choisir de classer l’affaire, de convoquer Rima Hassan à une nouvelle audition, ou d’engager des poursuites pénales pour apologie du terrorisme. Il est essentiel de rappeler que la garde à vue ne préjuge en rien de la culpabilité de l’eurodéputée, qui demeure présumée innocente.
Cette situation s’inscrit dans un climat où chaque message publié sur les réseaux sociaux peut avoir des répercussions judiciaires significatives. Les enjeux liés à la liberté d’expression et à la responsabilité des élus sur les plateformes numériques sont plus que jamais d’actualité.