Rima Hassan, eurodéputée LFI, de nouveau entendue par la police après une garde à vue

Ce vendredi 2 avril 2026, l’eurodéputée de La France insoumise (LFI) Rima Hassan a été entendue par la police judiciaire à Paris dans le cadre d’une enquête distincte des accusations d’apologie du terrorisme qui l’ont conduite en garde à vue la veille. L’élue de 33 ans, arrivée aux alentours de 10 heures au siège de la police judiciaire, a été convoquée par la brigade de répression de la délinquance aux personnes.

EN BREF

  • Rima Hassan a été de nouveau entendue par la police après une garde à vue pour apologie du terrorisme.
  • Des éléments de drogue ont été trouvés lors de la fouille de ses effets personnels.
  • Le ministre de l’Intérieur a justifié le signalement de son tweet controversé.

Jeudi, Rima Hassan avait été placée en garde à vue dans les locaux du deuxième district de police judiciaire, où elle est ressortie libre en fin de soirée. Elle a reçu une convocation pour comparaître le 7 juillet prochain, suite à un post controversé publié sur son compte X le 26 mars 2026. Ce tweet, qui a suscité l’indignation, faisait référence à Kōzō Okamoto, un des auteurs d’une attaque meurtrière à l’aéroport de Tel-Aviv en 1972.

Lors de sa garde à vue, la fouille de ses effets personnels a révélé la présence de substances qui s’apparentent à du CBD et à de la 3MMC, une drogue de synthèse. Le parquet a précisé que ces éléments étaient disjoints et feront l’objet d’une procédure distincte. Rima Hassan a réagi sur X, qualifiant ces accusations de « totalement fausses » et affirmant que seule la présence de CBD, qui est légal, avait été constatée.

Manuel Bompard, coordinateur national de LFI, a dénoncé des « informations mensongères » utilisées pour ternir l’image de Rima Hassan. L’avocat de l’eurodéputée, Vincent Brengarth, a également exprimé son indignation face aux fuites d’informations qui, selon lui, visent à nuire à sa réputation. Une conférence de presse a été annoncée pour détailler ces accusations et les mesures judiciaires envisagées.

Le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, a justifié le signalement à la justice du tweet de Rima Hassan en affirmant que son contenu était « grave ». Il a souligné la nécessité de ne « rien laisser passer » lorsque des propos sont jugés contraires à l’État de droit. Cette déclaration a alimenté le débat sur la liberté d’expression des élus et les limites de l’action politique en France.

Le placement en garde à vue de Rima Hassan a provoqué une réaction virulente au sein de son parti. Jean-Luc Mélenchon a dénoncé ce qu’il qualifie de « police politique », tandis que Manon Aubry, également eurodéputée, a dénoncé un « harcèlement judiciaire » dont serait victime leur collègue. Rima Hassan, qui a souvent pris position sur des sujets sensibles concernant Israël, est devenue une figure emblématique des luttes pro-palestiniennes au sein de LFI, notamment depuis les récents événements au Proche-Orient.

Cette affaire soulève des interrogations sur l’équilibre entre la liberté d’expression et la responsabilité des élus. Les prochains mois s’annoncent cruciaux pour Rima Hassan, qui devra naviguer entre sa défense personnelle et ses engagements politiques dans un contexte chargé d’émotions et de tensions.