Rouen : une avancée significative dans le meurtre d’une prostituée transgenre en 2012

Quatorze ans après le meurtre de Kassandra, une prostituée transgenre, l’enquête sur ce meurtre, resté longtemps sans réponse, connaît un rebondissement majeur. Le 2 avril 2023, un homme de 44 ans a été mis en examen pour meurtre et placé en détention provisoire, relançant un dossier qui avait été classé sans suite après des années d’investigations infructueuses.

EN BREF

  • Un homme de 44 ans a été mis en examen pour le meurtre de Kassandra.
  • Le corps de la victime a été découvert en 2012, avec des brûlures et des signes de strangulation.
  • Des analyses ADN récentes ont permis d’identifier un suspect après la réouverture de l’enquête.

Kassandra, une travailleuse du sexe d’origine péruvienne âgée de 39 ans, avait été retrouvée le 4 novembre 2012, partiellement dénudée et présentant d’importantes brûlures post-mortem. L’autopsie a révélé qu’elle avait été tuée par strangulation, mais malgré les efforts des enquêteurs qui avaient alors scruté le milieu de la prostitution à Rouen, aucune piste n’avait abouti à l’identification d’un suspect fiable. L’affaire a été classée sans suite, laissant de nombreuses questions sans réponses.

La réouverture de ce dossier en 2023 par le pôle spécialisé dans les affaires non élucidées (PCSNE) de Nanterre a permis de relancer les investigations. De nouvelles expertises ont été menées sur les scellés de l’affaire. En été 2025, un profil ADN d’un homme a été identifié grâce à l’analyse des bottes que portait Kassandra le jour de sa mort. Malheureusement, aucune correspondance n’avait été trouvée dans le fichier national des empreintes.

Ce n’est que quelques semaines plus tard, après une interpellation pour consommation de stupéfiants, que l’ADN de ce suspect a été relevé. Interpellé et placé en garde à vue le 31 mars à Paris, cet homme a reconnu avoir des contacts avec des prostituées transgenres, tout en évoquant un « trou de mémoire » quant aux événements entourant le meurtre. Il a affirmé avoir été contraint de transporter le corps, sans être l’auteur du crime, une déclaration qui soulève davantage de questions sur la dynamique de ce tragique événement.

Les enquêteurs poursuivent leurs investigations pour établir les circonstances exactes du meurtre et déterminer s’il existe d’éventuelles complicités. Ils n’excluent pas l’implication de plusieurs personnes, une hypothèse qui avait déjà été envisagée lors des premières années de l’enquête. Ce dossier, désormais revitalisé par des avancées scientifiques, espère enfin apporter des réponses à la famille de Kassandra et à la communauté touchée par cette tragédie.

Alors que l’affaire semble prendre un nouveau tournant, elle rappelle l’urgence de la lutte contre la violence faite aux travailleuses et travailleurs du sexe, souvent marginalisés et vulnérables. La société doit s’interroger sur les mécanismes qui permettent de tels actes et sur la manière de protéger ceux qui, comme Kassandra, sont victimes d’une violence insidieuse et parfois mortelle.