Ce samedi, des chauffeurs routiers ont bloquĂ© l’autoroute A7 au sud de Lyon pour protester contre l’augmentation continue des prix des carburants. Cette action s’est accompagnĂ©e de manifestations d’agriculteurs dans la Marne, tous exigeant une rĂ©ponse plus substantielle de l’Ătat face Ă cette crise.
EN BREF
- Des routiers ont manifestĂ© sur l’A7, crĂ©ant de forts ralentissements.
- Le gouvernement a annoncĂ© une aide de 50 millions d’euros pour le secteur.
- Les agriculteurs de la Marne ont Ă©galement protestĂ© contre l’augmentation des coĂ»ts de production.
Ă Chasse-sur-RhĂŽne, en IsĂšre, environ vingt-cinq camions et un bus ont formĂ© un barrage filtrant, ne laissant qu’une seule voie ouverte dans le sens Sud-Nord entre 09h00 et 14h00. Cette action a provoquĂ© des ralentissements significatifs, avec des bouchons atteignant jusqu’Ă 9 km, selon Vinci Autoroutes.
Jean-Christophe Gautheron, responsable rĂ©gional de l’Organisation des transporteurs routiers europĂ©ens (OTRE), a exprimĂ© les difficultĂ©s rencontrĂ©es par le secteur. « Depuis le dĂ©clenchement de la guerre au Moyen-Orient, le prix des carburants ne cesse d’augmenter. Nos entreprises sont exsangues, si rien n’est fait elles vont crever », a-t-il dĂ©clarĂ© Ă l’AFP.
En rĂ©ponse Ă la situation, le gouvernement a annoncĂ©, la veille, une aide de 50 millions d’euros destinĂ©e aux TPE et PME du secteur du transport, qui pourront justifier de « difficultĂ©s de trĂ©sorerie majeures liĂ©es Ă la crise ». Cette aide se traduira par un soutien forfaitaire de 20 centimes par litre pour les entreprises concernĂ©es.
Cependant, M. Gautheron a soulignĂ© que cette mesure n’est pas suffisante. « C’est un dĂ©but, mais ce n’est pas assez. Nous demandons la mĂȘme aide qu’en 2022, quand les prix s’Ă©taient envolĂ©s suite Ă l’invasion de l’Ukraine par la Russie. Il faut un encadrement des prix », a-t-il ajoutĂ©.
ParallĂšlement, dans la Marne, une cinquantaine d’agriculteurs ont Ă©galement manifestĂ© dans le centre-ville de ChĂąlons-en-Champagne, appelĂ©s par la Coordination rurale. Thibaut Limal, prĂ©sident de la Coordination rurale de la Marne, a expliquĂ© que ces hausses de prix entraĂźnent une augmentation des charges et des coĂ»ts de production, sans possibilitĂ© de rĂ©percuter ces coĂ»ts sur les prix de vente.
Il a alertĂ© sur les consĂ©quences financiĂšres graves pour la profession : « Ces hausses vont nous Ă©trangler financiĂšrement, câest certain. Certains exploitants sont dĂ©jĂ largement dans le rouge ».
Des actions de protestation supplĂ©mentaires sont dĂ©jĂ planifiĂ©es dans plusieurs rĂ©gions, notamment en Auvergne, en Ile-de-France et en Occitanie. Les acteurs du secteur sâinquiĂštent de la pĂ©rennitĂ© de leurs activitĂ©s face Ă une situation Ă©conomique de plus en plus fragile.
Il reste à voir comment le gouvernement réagira aux revendications croissantes des routiers et agriculteurs, alors que la pression monte sur les prix des carburants et les coûts de production.