Après le long week-end de Pâques, la France fait face à des ruptures temporaires de carburants dans près d’une station-service sur cinq. Ce constat a été dressé par la ministre déléguée à l’Energie, Maud Bregeon, qui a précisé que ces pénuries étaient dues à des problématiques logistiques et de transport, et non pas à des pénuries généralisées. Face à la grogne croissante dans plusieurs secteurs, le gouvernement envisage de nouvelles aides.
EN BREF
- 18 % des stations-service en rupture temporaire d’au moins un carburant.
- TotalEnergies prolonge son plafonnement des prix jusqu’à fin avril.
- Le gouvernement prévoit des aides pour les professions les plus touchées.
Selon les chiffres communiqués par Maud Bregeon, environ 18 % des stations-service étaient en rupture temporaire d’au moins un carburant mardi matin, un chiffre en nette augmentation par rapport aux 12 % observés samedi dernier. Cette situation résulte principalement de difficultés logistiques, exacerbées par un afflux de clients attirés par les prix plafonnés par TotalEnergies.
Le géant des hydrocarbures a décidé de prolonger son plafonnement des prix jusqu’à la fin avril. L’essence est maintenue à 1,99 euro le litre, tandis que le prix du gazole a été relevé à 2,25 euros. Ce changement a été mis en œuvre pour pallier les ruptures observées dans plusieurs stations, dont plus de trois quarts appartiennent à TotalEnergies.
Dans certaines régions, la situation est particulièrement préoccupante. Par exemple, à Bordeaux, plusieurs stations sont à sec, ne proposant plus que du bioéthanol, tandis qu’une station à Talence est complètement fermée. Olivier Gantois, président de l’Union française des industries pétrolières (Ufip), a cependant assuré qu’il n’y avait pas de risque de pénurie à court terme, affirmant avoir « quelques semaines de visibilité » sur la situation.
Les augmentations de prix des carburants, qui ont été significatives depuis le début du conflit au Moyen-Orient fin février, pèsent sur le budget des Français. L’essence SP95-E10 a vu son prix moyen atteindre environ 2,018 euros le litre, tandis que le gazole, le carburant le plus utilisé, se chiffre à 2,337 euros en moyenne.
Cette flambée des prix a suscité des réactions de mécontentement. Margot, une autoentrepreneuse de 21 ans, a déclaré avoir dû « arrêter de travailler » faute de moyens pour faire le plein. D’autres, comme Christelle, enseignante parcourant 100 km par jour, expriment des inquiétudes quant à l’impact de ces hausses sur leur budget.
Les manifestations se multiplient, comme le blocage observé mardi matin sur le périphérique nantais par des entreprises de travaux publics, en protestation contre les coûts du gazole non routier. En Corse, des pêcheurs ont également bloqué les principaux ports de l’île, dénonçant la hausse des prix des carburants, qui y sont déjà plus élevés qu’en métropole.
Pour répondre à cette grogne, le gouvernement a annoncé des mesures d’aides ciblées pour les secteurs les plus touchés. Maud Bregeon a précisé que ces aides seraient destinées à des professions comme les aides-soignantes, les aides à domicile, ainsi que certains agriculteurs. Toutefois, toute idée d’une aide universelle a été écartée, tout comme le blocage des prix, jugé non viable par le ministère de l’Économie.
Les syndicats, reçus à Bercy, n’ont pas obtenu de nouvelles annonces concrètes, mais le ministère continue de travailler sur l’émergence de nouveaux besoins pour des professions fortement dépendantes des carburants. La situation reste donc à surveiller, alors que les Français s’inquiètent pour leur pouvoir d’achat face à une inflation des prix des carburants.