Dans une interview accordée au journal Le Monde, le maire de Saint-Denis, Bally Bagayoko, a fait part de son changement de position concernant le désarmement de la police municipale de la ville. Élu en mars dernier sous l’étiquette La France insoumise, il avait promis de retirer les armes des policiers municipaux, une promesse qui suscite aujourd’hui des doutes.
EN BREF
- Bally Bagayoko, maire de Saint-Denis, fait marche arrière sur le désarmement de la police.
- Il confirme le maintien des policiers municipaux et des caméras de vidéosurveillance.
- Le désarmement symbolique des agents est en cours, sans retrait complet des armes.
Lors de cet entretien, Bally Bagayoko a été interrogé sur les effets de sa promesse électorale. Des rumeurs de mutations massives parmi les policiers municipaux circulaient, mais il a affirmé que la situation n’était pas aussi catastrophique que certains le laissaient entendre. « J’ai officiellement un départ confirmé et trois autres demandes de mutation qui viennent tout juste d’arriver. Parallèlement, nous avons reçu une douzaine de CV », a-t-il déclaré.
Il a également souligné que la question de l’armement n’est pas la seule préoccupation des agents. La rémunération constitue un autre facteur clé pour attirer et retenir le personnel. « Je vais maintenir les 135 policiers municipaux et le nombre de caméras de vidéosurveillance pendant toute la durée de mon mandat », a-t-il précisé.
Concernant le processus de désarmement, Bally Bagayoko a admis avoir besoin de réévaluer la stratégie. « Nous allons revoir la doctrine pour que notre police municipale soit davantage une police de proximité », a-t-il indiqué. En ce qui concerne l’utilisation des lanceurs de balles de défense (LBD), il a expliqué : « Nous n’avons pas retiré les LBD, nous avons juste dit : pas de LBD dans l’espace public. Ils restent dans la voiture, sauf si les circonstances le requièrent. »
Cette déclaration souligne l’ambiguïté de sa position sur le sujet. Bien que les policiers ne portent pas ces armes lors des missions ordinaires, ils restent cependant équipés en cas de besoin. « C’est en réalité un acte symbolique, car les agents l’utilisent rarement », a-t-il ajouté, renforçant l’idée que, même si le désarmement n’est pas total, un changement de mentalité est en cours.
En conclusion, bien que Bally Bagayoko ait pris des engagements forts durant sa campagne, la réalité sur le terrain semble plus complexe. La question de l’armement de la police municipale de Saint-Denis reste donc un sujet délicat, qui nécessite un équilibre entre sécurité publique et proximité avec les citoyens. Le maire devra naviguer avec prudence entre ces deux impératifs au cours de son mandat.