La décision du nouveau maire de Saint-Denis, Bally Bagayoko, d’instaurer un désarmement progressif de la police municipale suscite un profond malaise parmi les agents. Élu lors des élections municipales du 15 mars, M. Bagayoko a annoncé qu’il ne renouvellerait plus les munitions pour les lanceurs de balles de défense (LBD), une mesure qui remet en question la sécurité des policiers sur le terrain.
EN BREF
- Le maire de Saint-Denis annonce un désarmement progressif de la police municipale.
- 90 policiers auraient demandé leur mutation vers d’autres municipalités.
- Cette décision suscite des tensions et un malaise au sein des agents de police.
Selon des sources policières, jusqu’à 90 des 140 agents de la police municipale envisagent de quitter leurs postes, un chiffre qui témoigne d’un sentiment de désaveu généralisé. Les policiers s’interrogent sur leur sécurité, alors que cette décision de désarmement est perçue comme un signal de défiance à leur égard.
Les déclarations du président de la Fédération nationale de la police municipale de France (FNPMF), Thierry Colomar, remettent en question la véracité des chiffres avancés. Selon lui, bien que les demandes de mutation ne soient pas formalisées comme dans le secteur privé, il est plausible que plusieurs agents cherchent à changer de municipalité. « Il y a 4 500 postes vacants en France », souligne-t-il, condamnant la décision du maire.
Pour les agents de police, cette politique de désarmement est vécue comme une rupture avec les mesures de sécurité qui avaient été instaurées par l’ancien maire, Mathieu Hanotin, qui avait fortement investi dans la police municipale. Les policiers se souviennent des années où leur sécurité était une priorité, avec la construction d’un nouveau commissariat et le renforcement des effectifs. « Nous avons le droit de rentrer chez nous en vie », déclare un policier, qui craint que le désarmement n’expose les agents à des dangers accrus.
Les retours d’expérience des policiers de terrain sont révélateurs. « Nous sommes plusieurs dizaines à vouloir partir », confie un autre agent sous couvert d’anonymat. Cette envie de mutation est alimentée par la crainte d’un environnement de travail devenu hostile depuis l’élection de Bally Bagayoko. « On en parle tous entre nous », explique-t-il. « La quasi-totalité des groupes d’intervention souhaite quitter la commune. »
En réponse aux inquiétudes des agents, le maire a tenté de rassurer en expliquant que le désarmement serait progressif et en concertation avec les personnels et les habitants. « Nous allons réinterroger l’ensemble de l’armement de la police municipale », a-t-il déclaré, tout en insistant sur le besoin d’une police de proximité.
Les habitants, quant à eux, sont divisés sur la question. Si certains estiment qu’il est nécessaire de garder les armes pour garantir la sécurité, d’autres plaident pour une approche plus pacifique de la police. « On ne veut pas de cow-boys, on veut une police de proximité », s’exclame un riverain, tandis qu’un autre affirme que le LBD a montré ses dangers.
Dans ce contexte de tensions, des réunions entre les policiers et la municipalité sont prévues pour discuter du futur de la police municipale. Des mesures de protection ont été recommandées aux agents, qui doivent désormais limiter leurs interventions aux appels urgents. Ce cadre de travail restreint est perçu comme une nécessité face à une situation devenue délicate.
Les prochaines semaines seront cruciales pour comprendre comment cette politique de désarmement sera mise en œuvre et comment elle affectera le moral et la sécurité des agents de police. La pression monte, et les décisions qui seront prises pourraient avoir des répercussions significatives sur la sécurité publique à Saint-Denis.