Samuel Paty : la sœur dénonce la persistance de la politique du « pas de vagues »

Ce vendredi, Mickaëlle Paty, sœur de l’enseignant Samuel Paty, assassiné il y a trois ans, a exprimé son inquiétude sur Europe 1 concernant la culture du « pas de vagues » au sein de l’Éducation nationale. Elle a souligné que cette attitude persiste, selon elle, et a des conséquences inquiétantes pour la sécurité des enseignants.

EN BREF

  • Mickaëlle Paty dénonce une absence de réaction face aux menaces pesant sur les enseignants.
  • Elle évoque une politique du « pas de vagues » toujours d’actualité dans l’Éducation nationale.
  • Elle avertit que sans changement, d’autres tragédies pourraient survenir.

Samuel Paty, professeur d’histoire-géographie, a été tué le 16 octobre 2020, à Conflans-Sainte-Honorine, après avoir été au centre d’une controverse liée à l’utilisation de caricatures de Mahomet en classe. Cet événement tragique a mis en lumière les enjeux de sécurité auxquels font face les enseignants. Trois ans après cet assassinat, Mickaëlle Paty déplore que l’Éducation nationale n’ait pas su tirer les leçons nécessaires.

Dans son intervention, Mickaëlle Paty a évoqué une forme de « gestion de crise » de la part des responsables de l’Éducation. Pour elle, cette approche minimise les situations de danger pour les enseignants, en optant pour le silence plutôt que pour une véritable prise en charge des problèmes. Elle a déclaré : « C’est ce que je ressens toujours au bout de six ans. »

La sœur de Samuel Paty a insisté sur le fait que ce manque de réaction face à la violence et aux menaces à l’encontre des enseignants est préoccupant. Elle a ajouté que l’institution semble privilégier une forme de déni plutôt qu’un véritable dialogue sur les enjeux de sécurité dans les établissements scolaires. « On met la poussière sous le tapis et on essaie de passer à autre chose », a-t-elle déploré.

Cette culture du « pas de vagues » a été dénoncée pour la première fois en 2018 par des enseignants qui se sentaient menacés, et qui estimaient que la direction de l’Éducation nationale favorisait l’opacité plutôt que la transparence. Les témoignages de ces professionnels soulignent une faiblesse dans la prise de mesures et de sanctions face aux agressions.

Mickaëlle Paty a également mis en lumière le fait que les dirigeants de l’Éducation nationale se comportent souvent comme de simples gestionnaires de crises, sans s’attaquer aux causes profondes des problèmes. Elle a averti : « Si un jour un professeur a été tué, il faut se dire qu’il y en aura forcément d’autres. » Ces mots résonnent comme un appel à l’action pour protéger les enseignants et assurer leur sécurité.

La question de la sécurité des enseignants est plus que jamais d’actualité, et les propos de Mickaëlle Paty rappellent la nécessité d’une prise de conscience collective au sein de l’Éducation nationale. L’absence de réaction face aux menaces ne peut plus être une option, et il est impératif de créer un environnement où les enseignants se sentent protégés et soutenus.

En conclusion, la déclaration de Mickaëlle Paty sur la persistance de la politique du « pas de vagues » met en lumière un enjeu crucial pour l’Éducation nationale. La sécurité des enseignants doit être une priorité, et des actions concrètes doivent être mises en place pour éviter que de telles tragédies ne se reproduisent.