Le dimanche 15 mars 2026, les résultats du premier tour des élections municipales à Paris ont révélé une surprise notable. Sarah Knafo, proche d’Éric Zemmour et candidate du parti Reconquête, a réussi à se qualifier pour le second tour avec un score de 10,40 % des suffrages. Bien que ce résultat puisse sembler modeste, il représente un tournant significatif pour l’extrême droite dans la capitale, historiquement peu réceptive à ses idées.
EN BREF
- Sarah Knafo se qualifie au second tour des municipales avec 10,40 % des voix.
- Ce score marque une avancée pour l’extrême droite à Paris, dépassant le seuil crucial des 10 %.
- La dynamique électorale est complexe, avec une droite divisée et des alliances à envisager.
Au terme de ce premier tour, c’est Emmanuel Grégoire, représentant de la gauche unie, qui arrive en tête avec 37,98 % des voix, suivi de Rachida Dati avec 25,46 %. Bien que Sarah Knafo ait été classée cinquième, son score représente un bond par rapport aux élections municipales de 2020, où l’extrême droite plafonnait à environ 1 % des voix. Cette progression soulève des questions quant à la capacité de son parti à s’implanter durablement dans un environnement politique traditionnellement hostile.
Les sondages précédant le scrutin avaient prédit un score compris entre 9 et 13 % pour Sarah Knafo. Son résultat final, bien que dans cette fourchette, demeure au bas de l’échelle des prévisions. Néanmoins, le fait d’obtenir plus de 10 % des voix lui permet de poursuivre sa campagne au second tour, contrairement à d’autres qui pourraient être contraints à des alliances. Ce léger écart de 0,40 point au-dessus du seuil de 10 % se révèle donc déterminant.
Lors de la soirée électorale, Sarah Knafo a exprimé sa volonté de représenter une « victoire contre la gauche », clamant que « nos voix peuvent faire gagner la droite ». Ses ambitions politiques sont claires : elle souhaite non seulement un siège au Conseil de Paris, mais également renforcer la présence de son parti dans les arrondissements les plus favorisés.
La dynamique politique actuelle complique cependant les perspectives de Knafo. Rachida Dati a déjà annoncé son intention de s’allier avec Pierre-Yves Bournazel, ce qui laisse peu de place à une collaboration avec la candidate de Reconquête. Dati a indiqué sur son compte X avoir proposé une liste d’union avec Bournazel, soulignant l’urgence d’une stratégie commune pour contrer les forces de gauche.
Avec 10,40 % des voix, Sarah Knafo et son parti Reconquête disposent désormais d’une vitrine nationale. En effet, cette élection pourrait symboliser un changement de paradigme pour l’extrême droite, offrant à Knafo l’opportunité de prouver que son mouvement peut s’ancrer dans la réalité parisienne, après les élections européennes de 2024. Cependant, il reste à déterminer si ce score marquera le début d’une avancée durable ou s’il ne s’agira que d’un épisode isolé dans une ville encore largement opposée à ses idées politiques.
Alors que le second tour se profile, les jeux sont encore ouverts. La droite parisienne se trouve à un carrefour, entre une tradition bien établie et une nouvelle dynamique portée par des figures comme Sarah Knafo. Le 22 mars prochain, les électeurs auront l’occasion de trancher et de déterminer l’avenir politique de leur ville.