À la veille d’une trêve décidée par le président russe Vladimir Poutine pour la Pâque orthodoxe, les Ukrainiens expriment un profond scepticisme quant à la sincérité de cette annonce. Dans un contexte où la guerre entre l’Ukraine et la Russie s’étire depuis près de cinq ans, l’enthousiasme est largement absent, et les doutes prédominent.
EN BREF
- Vladimir Poutine a décrété une trêve de 32 heures pour la Pâque orthodoxe.
- Les Ukrainiens s’inquiètent de la sincérité de cette annonce, rappelant les violations passées.
- Les négociations de paix sont au point mort, soulignant l’impasse actuelle entre les deux pays.
Ievguéni Lamakh, un habitant de Kiev âgé de 29 ans, estime que les promesses russes ne valent guère plus que des « contes de fées ». Il souligne le manque de confiance envers les militaires russes, qui, selon lui, sont coutumiers du mensonge. « Quand ils disent une chose, ils font quelque chose de complètement différent », déclare-t-il. Cette méfiance s’est installée au fil des années de conflit, où les trêves temporaires ont souvent été suivies de nouvelles escalades de violence.
La trêve décrétée par le Kremlin doit entrer en vigueur ce samedi à 16 heures (13 heures GMT) et se prolonger jusqu’à la fin de la journée de dimanche. Volodymyr Zelensky, le président ukrainien, a indiqué que son pays était prêt à respecter cette pause dans les hostilités, qu’il avait également proposée. Cependant, l’ironie et la colère dominent les déclarations des Ukrainiens, qui sont de plus en plus fatigués par cette guerre qui semble interminable.
Dmytro Sova, un acteur de 42 ans, exprime un sentiment partagé par beaucoup : « Qu’ils la fassent, s’ils veulent la faire ! ». Même si les autorités russes annoncent une cessation des hostilités, il rappelle que des drones et des missiles continuent de frapper l’Ukraine. En effet, l’armée de l’air ukrainienne a rapporté avoir intercepté 128 drones lancés par la Russie dans la nuit précédant la trêve, une situation qui illustre les défis entravant toute perspective de paix durable.
Du côté russe, l’ambiance est sensiblement différente. Les citoyens interrogés par l’AFP témoignent d’un espoir que cette trêve pourrait ouvrir la voie à un accord de paix plus large. Elena, une coiffeuse de 58 ans, se dit simplement pour la paix, tandis que Lioubov Pavlenko, une retraitée, qualifie l’annonce de cessez-le-feu de « merveilleuse nouvelle ». Ces voix, bien que minoritaires, témoignent d’une aspiration à un retour à la sérénité.
Les négociations entre Moscou et Kiev sont actuellement dans une impasse, avec des désaccords persistants concernant le sort des régions orientales de l’Ukraine, partiellement occupées par la Russie. Moscou rejette les appels à un cessez-le-feu inconditionnel, tandis que l’Ukraine insiste sur la nécessité d’un retrait complet des troupes russes avant d’envisager toute avancée diplomatique.
Iouri Dounai, un habitant de 46 ans, partage une vision pessimiste en soulignant que l’expérience de l’année précédente devrait inciter à la prudence : « Ce n’est pas la peine de s’attendre à un miracle ». Une position que beaucoup partagent, alimentée par un conflit qui a causé des milliers de morts et des souffrances immenses des deux côtés.
Alors que le pays se prépare à une trêve qui pourrait sembler symbolique, la réalité du conflit, avec ses enjeux humains et politiques, continue de peser lourdement sur les esprits. L’Ukraine, fatiguée mais résiliente, regarde avec méfiance cette nouvelle promesse de paix, consciente que l’espoir doit être tempéré par la réalité des faits.