Ségolène Royal défie Raphaël Glucksmann après sa défaite à la primaire de gauche

Le résultat de la primaire de la gauche, qui s’est tenue du 9 au 11 octobre 2026, a été marqué par la défaite de Ségolène Royal, ancienne finaliste de l’élection présidentielle de 2007. Avec seulement 7,62 % des voix, elle se retrouve derrière Raphaël Glucksmann, désigné comme le candidat social-démocrate pour l’élection présidentielle de 2027. Cette situation soulève des interrogations sur son soutien futur au vainqueur, qu’elle désigne souvent par le terme péjoratif de « stagiaire ».

EN BREF

  • Ségolène Royal obtient 7,62 % des voix lors de la primaire de la gauche.
  • Raphaël Glucksmann remporte le scrutin avec 66,17 % des suffrages.
  • Royal promet de soutenir Glucksmann, mais avec des réserves sur ses valeurs.

Le scrutin a vu 120 787 votants se prononcer, et Raphaël Glucksmann a obtenu une victoire écrasante avec 66,17 % des voix, soit 79 613 suffrages. Olivier Faure, en seconde position, a recueilli 14,46 % des voix. Malgré sa défaite, Ségolène Royal s’est engagée à respecter la charte signée par tous les candidats, stipulant qu’ils devaient soutenir le vainqueur. Toutefois, ses déclarations laissent entendre qu’elle pourrait adopter une posture critique.

Dans une interview accordée à RTL, elle a exprimé sa déception, tout en affirmant qu’elle aiderait à un rassemblement de la gauche. Elle a toutefois précisé qu’elle soutiendrait « celui qui a gagné », mais seulement si un véritable rassemblement se mettait en place, incluant non seulement les socialistes, mais aussi les écologistes et les communistes. En revanche, elle a clairement exclu La France insoumise, qu’elle considère déjà engagée dans une campagne.

Dimanche soir, lors d’une « photo de famille » après l’annonce des résultats, Ségolène Royal a été vue aux côtés de Raphaël Glucksmann, lui souhaitant « toute la force qu’il faut pour faire ce rassemblement à gauche qui sera difficile ». Cependant, elle a également exprimé qu’elle se rangerait derrière lui tant qu’il respecterait les valeurs de la gauche, une déclaration qui laisse planer une ombre sur son soutien.

Les tensions entre Royal et Glucksmann ne sont pas nouvelles. Lors des débats de septembre, elle avait critiqué son manque d’expérience, insinuant que « vous ne mettez pas un stagiaire à la tête d’une entreprise ». Glucksmann, de son côté, a répondu en insinuant que Royal « quémande des postes depuis 45 ans ». Cette rivalité a conduit la commission d’organisation de la primaire à rappeler les deux candidats à l’ordre, leur demandant de mettre fin à leurs échanges acerbes.

Avec 7,62 % des voix, Ségolène Royal semble avoir perdu une partie de son influence électorale, malgré son passé. Cependant, elle compte sur son réseau et son influence médiatique pour mobiliser l’électorat socialiste, notamment les abstentionnistes, ainsi qu’une partie des écologistes et des communistes, tout en maintenant une distance avec La France insoumise. Raphaël Glucksmann, quant à lui, a affirmé qu’il se sentait « investi d’une responsabilité immense » et est déterminé à rassembler.

Dans ce contexte, le mouvement Place publique, dont il est issu, entend élargir son équipe autour de Glucksmann, visant à regrouper l’ensemble de la gauche démocratique. Reste à savoir si Ségolène Royal optera pour un soutien fidèle à cette ligne ou si elle continuera à exprimer ses critiques sur la campagne de celui qu’elle désigne comme « le stagiaire ».