En octobre dernier, dans son ouvrage Mais qui va garder les enfants? publié aux éditions Fayard, Ségolène Royal a ouvert une page douloureuse de son histoire personnelle en révélant avoir été victime d’agressions sexuelles. Cette confession a suscité une forte réaction du public. Lors d’une interview accordée à Gala.fr, au début de janvier, l’ancienne ministre a abordé avec franchise ce chapitre sombre de sa vie, apportant un éclairage inédit sur ses motivations à lutter contre ce fléau sociétal.
EN BREF
- Ségolène Royal révèle avoir été victime d’agressions sexuelles dans son livre.
- Elle évoque son expérience pour sensibiliser sur ce sujet douloureux.
- Un engagement politique renforcé par ses propres épreuves.
Dans ce livre, Ségolène Royal ne se contente pas de relater son expérience traumatique. Elle exprime également le souhait de « éradiquer le fléau » des agressions sexuelles subies par les enfants et les adolescents. Ce témoignage fort et engagé reflète à la fois une volonté personnelle et un appel à l’action collective. Elle dépeint des souvenirs marquants de sa vie, notamment des incidents tragiques qui l’ont marquée autant dans son enfance que dans sa carrière politique.
« C’est cette expérience qui m’a conduite, en tant que ministre de l’enfance puis ministre de l’Éducation, à faire la première circulaire contre les violences sexuelles », déclare-t-elle avec force. Un témoignage qui témoigne de sa passion pour la protection des plus vulnérables et de sa détermination à transformer son propre vécu en un instrument de changement.
Au cours de cette interview, Ségolène Royal aborde aussi les multiples agressions qu’elle a subies. Elle narre des événements marquants, comme les attouchements d’un médecin scolaire lorsqu’elle était en classe de 6ème ou encore la demande d’un professeur qui réclamait un service sexuel contre un emploi. Chaque récit renforce l’urgence d’une réflexion sur les violences faites aux femmes, notamment celles qui surviennent dans le cadre éducatif, un secteur où la confiance devrait être absolue.
« Lors d’un voyage en train de nuit, j’ai eu le réflexe de fuir une tentative d’agression », se remémore-t-elle. Ce passage illustratif, illustrant la fragilité de la vie, est un puissant rappel que la peur ne doit pas être un état permanent pour les victimes. Ségolène Royal souligne, inquiet à juste titre : « Je veux transmettre cette force, car la peur doit changer de camp. »
Une blessure d’enfance persistante
Dans son échange avec Gala.fr, elle évoque une mélancolie persistante liée à son enfance. « C’est d’avoir été enlevée à ma famille en classe de 6ème », confie-t-elle avec une émotion palpable. À cette époque, elle fut confiée à ses grands-parents, une séparation qui a marqué un tournant dans sa vie. « Je me souviens de ma mère, s’effondrant en pleurs lors de mon départ », partage-t-elle, révélant la douleur de ces moments qui ont laissé des cicatrices invisibles mais toujours actuelles.
Bien que douloureuse, cette expérience l’a également propulsée vers des luttes plus larges. Elle affirme avec conviction : « cette sujétion m’a tellement aidée ». Son souhait aujourd’hui est de ne pas devenir comme les femmes de sa famille, qu’elle décrit comme soumises. Loin de céder à la victimisation, Ségolène Royal a transformé ce passé en force pour promouvoir la résilience et la détermination face à l’adversité.
Ce récit poignant de Ségolène Royal fait résonner une voix forte dans le débat public autour des violences sexuelles. Elle incarne ainsi un espoir pour de nombreuses victimes, leur promettant que le silence et la honte ne doivent plus jamais l’emporter sur la vérité et la reconstruction.
