Selfie d’Anne Hidalgo à Auschwitz : une polémique qui divise les internautes
Le lundi 26 janvier, un selfie impliquant Anne Hidalgo, maire de Paris, a suscité une vive controverse sur les réseaux sociaux. Ce cliché, partagé sur Instagram par Jean-Luc Roméro, adjoint à la mairie, a été pris alors que le groupe se rendait à Auschwitz-Birkenau pour un déplacement mémoriel. La juxtaposition de l’attitude des protagonistes et la gravité de l’événement a provoqué un véritable tollé.
EN BREF
- Un selfie de Jean-Luc Roméro et Anne Hidalgo lors d’un déplacement mémoriel à Auschwitz-Birkenau.
- De nombreuses critiques ont émergé sur les réseaux sociaux, dénonçant l’attitude des élus.
- Roméro a présenté ses excuses, évoquant une « maladresse » et dénonçant la violence des réactions.
La photo a été prise à bord d’un avion, avec pour légende : « Départ pour la visite des camps de la mort d’Auschwitz-Birkenau, avec Anne Hidalgo ». Cette légèreté apparente a heurté de nombreux internautes. La sénatrice centriste Nathalie Goulet a exprimé son indignation sur X, anciennement Twitter, déclarant : « Souriez, souriez ! Mais quelle indignité ! On attend les selfies avec impatience ». D’autres, comme le journaliste Claude Weil, ont également critiqué le manque de sérieux de la situation, le comparant à une classe de CP partant pour Eurodisney.
Ce décalage entre le contexte mémorial et l’attitude affichée sur la photo a été largement souligné. La chroniqueuse Zohra Bitan a rappelé que « Auschwitz n’est pas un déplacement institutionnel comme un autre », appelant à une retenue que, selon elle, le cliché ne respectait pas. Face à cette vague d’indignation, Emmanuel Grégoire, candidat à la mairie de Paris, a tenté de calmer le jeu dans une interview diffusée sur CNews. Il a reconnu la maladresse de la situation et a confirmé que la photo avait été supprimée.
Dans une déclaration ultérieure, Jean-Luc Roméro a présenté ses excuses sur son compte X, reconnaissant que la publication avait été « totalement maladroite » et qu’elle avait pu choquer. Il a exprimé ses regrets, affirmant : « Je regrette qu’elle ait pu donner le sentiment d’une légèreté déplacée face à l’un des lieux les plus tragiques de notre histoire ». Toutefois, il a également dénoncé le déferlement de haine qui a suivi, notamment des attaques homophobes et des menaces à son encontre.
Roméro a souligné qu’il ne pouvait accepter « tant de haine » et a fait référence à des commentaires diffamatoires sur son époux décédé. Il a mis en garde contre l’instrumentalisation politique de cette polémique, rappelant que la mémoire des lieux visités doit être respectée. Cette affaire, tout en étant un exemple de la sensibilité des questions mémorielles, met en lumière le rôle des réseaux sociaux dans la formation de l’opinion publique et l’impact immédiat des actions des personnalités publiques.
Alors que cette controverse continue de faire parler d’elle, une question demeure : comment les figures politiques doivent-elles naviguer entre les exigences de la mémoire collective et les réalités des réseaux sociaux ? Cette situation rappelle qu’une image peut parfois valoir mille mots, mais qu’elle peut également engendrer une tempête médiatique inattendue.
