Solidarité et appel à la trêve : le président des CCI face aux pillages

La situation devient critique pour les commerçants français, frappés par des dégradations et des pillages massifs ce week-end. Ce mardi, sur le plateau de RMC, Alain Di Crescenzo, président des CCI de France, a exprimé son inquiétude face à l’impact de ces violences sur le secteur commercial. Il a également salué les mesures d’urgence mises en place par le gouvernement, mais a appelé à une trêve dans les manifestations prévues.

EN BREF

  • Alain Di Crescenzo appelle à une trêve générale pour protéger les commerces.
  • Le gouvernement a annoncé des aides pour les commerçants victimes de pillages.
  • Une solidarité locale s’organise pour soutenir les commerces en difficulté.

Après un week-end marqué par des violences, Alain Di Crescenzo a clairement exprimé ses préoccupations. Les dégradations des commerces ont suscité une inquiétude grandissante parmi les professionnels. En réponse, le gouvernement a dévoilé un ensemble de mesures, incluant l’instauration de couvre-feux dans certaines villes et le renforcement des forces de l’ordre. Le 24 octobre, une mobilisation massive est prévue, et le président des CCI estime que les conditions actuelles ne permettent pas un tel rassemblement.

Lors de son intervention, il a détaillé les exigences qu’il a transmises au ministre du Commerce, Serge Papin : un retour au calme immédiat, des mesures d’urgence comme le chômage partiel et un fonds de soutien pour aider à la reprise des activités. Ces mesures visent à protéger les commerçants face à une période déjà difficile, marquée par une baisse significative de leur chiffre d’affaires.

À Marseille, la Chambre de commerce a réussi à centraliser plus de 15 millions d’euros, permettant de fournir près de 10.000 euros d’aides d’urgence par commerçant. À Lyon, une aide de 10 millions d’euros a également été mise en place pour soutenir les entreprises touchées. Ces initiatives témoignent de la solidarité qui se met en place, malgré l’ampleur des dégâts encore indéterminés.

La situation est d’autant plus préoccupante que de nombreux commerçants ont déjà souffert de l’impact de l’inflation et de la concurrence du e-commerce. Alain Di Crescenzo rappelle que la période des fêtes, de novembre à décembre, représente 40% du chiffre d’affaires annuel. Pour palier à cette situation, il a mentionné le déploiement d’agents de sécurité, avec 150 vigiles mobilisés d’urgence à Lyon et autant à Marseille, bien que le manque de personnel complique cette tâche.

Au-delà des pertes économiques, c’est l’état psychologique des gérants qui interpelle. Des cellules de soutien psychologique ont été mises en place pour aider les commerçants en détresse. Alain Di Crescenzo a constaté que certains d’entre eux sont désormais prêts à défendre leur commerce de manière violente, une situation alarmante qui nécessite une attention particulière.

“Les commerçants sont à bout”, affirme-t-il, insistant sur la nécessité d’un soutien collectif. Il a appelé à une pause dans les manifestations prévues, soutenant que la sécurité et la stabilité économique doivent primer. “Ajouter de la peine à la peine et de la terreur à la terreur, ça n’a pas de sens”, a-t-il déclaré, soulignant l’urgence d’une réflexion collective sur la situation actuelle.

En conclusion, Alain Di Crescenzo appelle à la solidarité des consommateurs. Il exhorte à privilégier les commerces de proximité et à mettre en pause les achats en ligne sur les grandes plateformes. Cette démarche vise à soutenir un secteur déjà fragilisé par les événements récents, tout en préservant l’esprit de solidarité indispensable en ces temps difficiles.