Sonia Mabrouk chez BFMTV : salaire controversé et enjeux éditoriaux

L’arrivée de Sonia Mabrouk chez BFMTV, programmée pour la fin août 2026, ne laisse pas indifférent. En effet, cette nomination suscite un débat intense au sein de la rédaction, entre interrogations sur son salaire jugé « généreux » et craintes concernant la ligne éditoriale de la chaîne. Alors que BFMTV cherche à se redynamiser dans un contexte économique difficile, la question de l’investissement consenti pour attirer cette figure médiatique fait débat.

EN BREF

  • Sonia Mabrouk rejoint BFMTV dans un contexte de difficultés économiques pour la chaîne.
  • Des rumeurs entourent son salaire, jugé excessif par certains syndicats.
  • La nomination suscite des inquiétudes quant à la ligne éditoriale de BFMTV.

Sonia Mabrouk, journaliste reconnue ayant officié sur CNews et Europe 1, s’est imposée comme une voix importante du paysage médiatique français. Son style incisif et ses prises de position marquées sont devenus sa signature. Son arrivée chez BFMTV, annoncée officiellement le 20 février 2024, intervient alors que la chaîne fait face à des pertes significatives, atteignant 11,2 millions d’euros en 2024, et à des réductions d’effectifs.

Les premiers échos provenant de l’intérieur de la rédaction mettent en lumière des inquiétudes autour de la rémunération de Mabrouk. Selon des syndicalistes, son salaire serait « généreux », ce qui contraste avec les mesures d’austérité mises en place. Un habitué des lieux a été cité par Le Parisien : « On ne fait pas venir de tels profils sans casser sa tirelire ». Bien que les montants exacts de son contrat ne soient pas officiellement confirmés, des estimations évoquent un salaire pouvant atteindre 800 000 euros par an, un chiffre que l’intéressée conteste mais qui alimente les rumeurs.

Cette situation crée une atmosphère de curiosité et de défiance au sein de la rédaction. Les employés se posent des questions sur la rentabilité de cet investissement. La société des journalistes de BFMTV a exprimé son attachement à un traitement impartial de l’information, rappelant l’importance de l’indépendance et de la neutralité dans le travail quotidien de chacun.

Au-delà des préoccupations financières, l’arrivée de Sonia Mabrouk soulève des interrogations sur la direction éditoriale de BFMTV. Le terme « Bollorisation de BFMTV » a été employé par plusieurs syndicats, qui craignent une dérive idéologique, surtout après le passage de Mabrouk chez CNews, une chaîne souvent associée à Vincent Bolloré. La société des journalistes a d’ailleurs insisté sur le fait que le travail de Mabrouk devra s’inscrire dans des exigences déontologiques et éditoriales différentes de celles de son ancienne chaîne.

Malgré ces réserves, certains considèrent que cette nomination pourrait représenter un « bon coup » pour revitaliser une audience en déclin. Fabien Namias, le directeur de BFMTV, a souligné sa bonne entente avec Mabrouk, une complicité qui pourrait jouer en faveur de la chaîne. Mabrouk, quant à elle, a affirmé sa volonté de s’inscrire dans le projet de BFMTV tout en conservant sa liberté d’expression.

La définition précise du rôle de Sonia Mabrouk au sein de la chaîne reste à déterminer, bien qu’il ait été précisé qu’elle ne prendra pas la matinale ni l’interview politique du matin, ces postes étant déjà occupés par Apolline de Malherbe. Néanmoins, elle retrouvera à l’antenne des personnalités qu’elle apprécie, ce qui pourrait faciliter son intégration.

Avec la rentrée qui approche et les échéances électorales en ligne de mire, il sera intéressant d’observer l’impact de cette nomination sur la chaîne et sur ses téléspectateurs. Les enjeux sont multiples et la pression est forte, tant sur le plan éditorial que financier.