Sonia Mabrouk rejoint BFMTV : entre espoir et inquiétude au sein de la rédaction

La nouvelle est désormais officielle. Après une décennie passée sur CNews, Sonia Mabrouk s’apprête à faire le grand saut vers BFMTV. C’est dans les colonnes du Figaro qu’elle a annoncé son départ, détaillant les motivations qui l’ont poussée à rejoindre la chaîne d’information. Selon ses propres mots, le directeur de BFMTV, Fabien Namias, a été un acteur clé dans sa décision : « J’entretiens une relation de confiance avec lui depuis mes débuts à la radio », a-t-elle déclaré.

EN BREF

  • Sonia Mabrouk quitte CNews pour rejoindre BFMTV à la fin août.
  • Des inquiétudes internes concernant son arrivée ont été exprimées par des journalistes.
  • La Société des journalistes appelle au respect des exigences déontologiques.

Prévue pour intégrer la chaîne d’ici la fin du mois d’août, Sonia Mabrouk arrivera à un moment stratégique, alors que BFMTV se prépare à couvrir l’élection présidentielle. Un élément crucial pour elle a été l’assurance de conserver la liberté qui caractérise son travail : « Ce qui a fait la différence, c’est une adhésion au projet de BFM TV », a-t-elle précisé.

Cependant, son arrivée n’a pas été accueillie de manière uniforme. Selon des informations rapportées par Le Parisien, l’accueil au sein de la rédaction a été « glacial ». Certains journalistes expriment leurs craintes et leur mécontentement face à cette nomination, rendant la situation délicate.

La Société des journalistes (SDJ) a rappelé dans un communiqué l’importance d’un traitement impartial de l’information. Ils ont souligné que le travail de Mabrouk devra respecter les exigences déontologiques et éditoriales applicables à l’ensemble des équipes de BFMTV. De leur côté, les syndicats s’inquiètent d’une potentielle « Bollorisation de BFMTV », faisant référence à la manière dont certains estiment que le journalisme peut être influencé par des opinions politiques, particulièrement vers l’extrême droite.

Un journaliste de la chaîne a relativisé la situation en partageant une réflexion avec Le Parisien : « Nous sommes divisés en deux camps. D’un côté, ceux qui estiment que ce recrutement est un bon coup qui pourrait nous relancer dans une période difficile ; de l’autre, ceux qui se plaignent sans même attendre de juger sur pièce. »

Ce climat de division est accentué par un contexte concurrentiel difficile. En effet, BFMTV a été devancée par CNews en 2025 et voit son avance sur LCI se réduire. L’arrivée de Sonia Mabrouk intervient dans un cadre budgétaire tendu, marqué par des pertes significatives de 11,2 millions d’euros en 2024 et la nécessité de mettre en œuvre des économies. Comme le souligne un ancien membre de la chaîne, « l’important, désormais, c’est de savoir ce qu’elle va nous apporter en échange. »

Alors que le paysage médiatique continue d’évoluer, il reste à voir comment cette nouvelle dynamique influencera la ligne éditoriale de BFMTV et comment les journalistes s’adapteront à cette nouvelle direction.