Sophie Binet mise en examen : Tefal face aux accusations de répression syndicale

La secrétaire générale de la CGT, Sophie Binet, a exprimé sa préoccupation ce lundi 25 mai sur France 2 après avoir été mise en examen pour des propos qu’elle a tenus sur la répression syndicale au sein de l’entreprise Tefal. Cette mise en examen fait suite à une plainte en diffamation déposée par l’entreprise, qui conteste fermement les accusations formulées par Binet.

EN BREF

  • Sophie Binet a été mise en examen pour diffamation après ses déclarations sur Tefal.
  • Tefal conteste les accusations de répression syndicale, affirmant qu’elles sont infondées.
  • La CGT appelle à une protection législative de la liberté d’expression syndicale.

Lors d’un débat à la Fête de l’Humanité en septembre 2025, Sophie Binet avait déclaré que « la CGT de Tefal fait face à une répression patronale violente ». Cette affirmation a entraîné une mise en examen quasi-automatique, courante dans les cas de diffamation. Tefal a confirmé avoir engagé une procédure judiciaire contre Binet et ses coauteurs, arguant que les accusations portées sont « publiques, graves et erronées ».

Dans le cadre de cette procédure, Tefal a précisé que la notification de mise en examen a été réalisée le 12 mars. Sophie Binet a, pour sa part, indiqué que la CGT alerte depuis plusieurs mois sur les dangers liés aux PFAS, des substances chimiques utilisées dans la fabrication de certains de leurs produits. Ces préoccupations environnementales semblent avoir contribué à la tension entre l’entreprise et les représentants syndicaux.

En plus de la mise en examen, la coordinatrice CGT du groupe SEB, propriétaire de Tefal, a subi une sanction interne pour avoir demandé des éclaircissements sur l’utilisation de ces composants. Cette sanction sera contestée le 4 juin prochain devant le tribunal des prud’hommes, selon des déclarations de la CGT.

Sophie Binet, en réponse à cette situation, a affirmé que Tefal cherche à « bâillonner les syndicalistes » qui osent s’exprimer sur les conditions de travail ou l’impact environnemental de leurs produits. De son côté, Tefal a réagi en déclarant que « la liberté d’expression ne permet pas d’imputer des faits inexacts à une entreprise », tout en niant toute forme de répression syndicale.

La CGT, quant à elle, considère que les propos pour lesquels Binet est poursuivie sont relativement anodins et avertit que si de tels propos peuvent conduire à des poursuites, cela pourrait mettre en danger la liberté d’expression de la quasi-totalité des syndicalistes du pays.

En conclusion, Sophie Binet a appelé les parlementaires et le gouvernement à prendre des mesures pour protéger la liberté d’expression et la liberté syndicale, qu’elle juge menacées dans le contexte actuel. Cette situation soulève des questions cruciales sur le rapport entre les entreprises et les syndicats, ainsi que sur la protection des droits des travailleurs en France.