Depuis son enfance, Sophie a lutté contre des problèmes de poids, un parcours semé d’embûches qui l’a menée à une forme de boulimie peu connue. Aujourd’hui, elle partage son expérience, ses échecs et sa quête de guérison.
EN BREF
- Sophie a lutté contre des troubles alimentaires depuis l’enfance.
- Elle a découvert qu’elle souffrait de boulimie hyperphagique après des années de régimes.
- Sa guérison passe par la prise de conscience et la pratique de la pleine conscience.
Aujourd’hui âgée de 43 ans, Sophie se remémore le début de ses problèmes alimentaires. À peine âgée de 10 ans, elle recevait déjà des conseils de son médecin de famille pour surveiller son alimentation. Ce fut le début d’une série de régimes, souvent farfelus, qui l’ont suivie tout au long de sa vie. « J’ai tout essayé, des sachets protéinés aux mono-diètes en passant par le jeûne intermittent », explique-t-elle. Ces années-là coïncident également avec une époque où l’obsession pour la minceur était à son apogée, alimentée par des icônes de la mode des années 90.
À l’âge de 30 ans, Sophie se voit diagnostiquée avec un indice de masse corporelle (IMC) élevé, lui attribuant le qualificatif d’obésité modérée à sévère. Ce terme, qui résonne comme un coup de massue, devient un tournant dans sa vie. Elle se rend compte que son rapport à la nourriture et à son corps est bien plus complexe que ce qu’elle avait imaginé. Pendant près d’une décennie, elle oscille entre des pertes de poids significatives et des prises de poids tout aussi impressionnantes.
Après deux grossesses, la situation devient insoutenable. Sophie consulte une psychologue pour l’aider à surmonter ce cycle infernal. « La perte de poids était facile pour moi, mais la reprise l’était tout autant », confie-t-elle. Elle constate que ses frustrations alimentaires sont étroitement liées à ses émotions. Elle se rend compte qu’elle mange pour apaiser sa souffrance, ce qui la plonge dans un cercle vicieux de culpabilité et de mal-être.
Lors de ses séances de thérapie, Sophie apprend à se défaire de l’idée qu’elle manque de volonté. Au contraire, elle découvre qu’elle souffre de boulimie hyperphagique, un trouble peu médiatisé, mais qui affecte de nombreuses personnes. Cette prise de conscience est libératrice : « Ce n’était pas seulement de ma faute. Il m’a fallu du temps pour accepter ma condition », dit-elle. Elle commence alors un travail de fond sur elle-même, cherchant à comprendre les racines de son comportement alimentaire.
Avec l’aide de sa psychologue, Sophie explore son hypersensibilité et les émotions qui l’amènent à se tourner vers la nourriture. À travers cette introspection, elle réalise que les crises de boulimie surviennent souvent lorsqu’elle est seule, et qu’elles ne font qu’aggraver son état dépressif. « Nous avons travaillé sur la manière de gérer ces émotions au lieu de les étouffer avec de la nourriture », précise-t-elle.
Cette nouvelle voie vers la guérison passe par une approche que Sophie appelle « manger en pleine conscience ». Elle souligne l’importance de prendre conscience de ce que l’on mange et des émotions qui y sont liées. « C’est un processus long, mais cela change tout », conclut-elle. Son témoignage est un appel à la compréhension et à l’acceptation des troubles alimentaires, souvent mal compris. Grâce à son parcours, Sophie inspire d’autres personnes à reconnaître leurs luttes et à chercher un chemin vers la guérison.