Le 23 mars 2026, à Paris, le collectif Mouv’Enfants s’est mobilisé devant le tribunal judiciaire pour apporter son soutien à Lydia Hadjara, qui fait face à des accusations de diffamation. Cette action survient après que Mme Hadjara a dénoncé des violences sexuelles dont elle se dit victime dans le cadre du mouvement raëlien.
EN BREF
- Mouv’Enfants manifeste pour soutenir Lydia Hadjara, poursuivie pour diffamation.
- Hadjara a dénoncé des abus sexuels dans le mouvement raëlien.
- La décision du tribunal sera rendue le 4 juin 2026.
Lydia Hadjara, ancienne membre du mouvement raëlien, a déposé plainte en novembre 2025 à Lyon pour des faits de violences sexuelles et de tortures sur mineure contre Claude Vorilhon, connu sous le nom de Raël, ainsi que deux autres membres de cette secte. Aujourd’hui installé au Japon, M. Vorilhon a réagi en intentant un procès pour diffamation suite à la publication d’un livre en janvier 2025 où Mme Hadjara relatait ces abus, survenus entre 1986 et 2007.
Lors de la manifestation, les membres de Mouv’Enfants ont mis en place une mise en scène percutante : un homme en robe blanche symbolisant un membre de la secte et un autre en robe rouge représentant un juge agenouillé, le tout devant un drap barré de rubans de police. Les slogans affichés, tels que « Stop immunité » et « Lydia, on te croit », ont résonné comme des cris de ralliement pour toutes les victimes de violences sexuelles.
Dans son ouvrage intitulé J’étais son esclave, Lydia Hadjara décrit les mécanismes d’emprise, d’endoctrinement et les violences sexuelles qu’elle a subies. Il est ironique de constater qu’aujourd’hui, c’est elle qui se retrouve devant un tribunal, alors que le mouvement raëlien continue de recruter. Arnaud Gallais, fondateur de Mouv’Enfants, a souligné la situation paradoxale en déclarant : « La justice doit-elle poursuivre celles et ceux qui témoignent ou doit-elle enfin faire toute la lumière sur les faits dénoncés ? »
Pour Lydia Hadjara, cette audience est un moment difficile mais nécessaire : « Cette audience me fait revivre les émotions passées mais je le fais pour montrer aux autres victimes qu’il faut parler, pour que les auteurs de violences sexuelles ne soient plus impunis. » Son avocate, Me Aline Lebret, a également souligné l’importance de permettre aux victimes de dénoncer les agressions sans craindre des représailles judiciaires, qualifiant la procédure engagée par Raël de « procédure-bâillon ».
Du côté de la défense, Me Alain Leclerc, l’avocat de Claude Vorilhon, a catégoriquement rejeté les accusations, déclarant : « C’est une affabulatrice. Ses propos sont faux. » Dans ce contexte tendu, Mouv’Enfants espère inciter d’autres victimes à se manifester et à se joindre à la plainte, afin d’éviter le risque de prescription de certains faits.
Le ministère public a également pris position, estimant que ces poursuites visent à réduire au silence Lydia Hadjara et à dissuader la discussion sur un sujet d’intérêt général. La décision du tribunal est attendue pour le 4 juin 2026, et l’issue de ce procès pourrait avoir des répercussions importantes sur la manière dont les cas de violences sexuelles sont traités dans le cadre des sectes.
Ce procès soulève des questions cruciales concernant le traitement des victimes de violences sexuelles et la responsabilité des mouvements sectaires. La mobilisation de Mouv’Enfants marque un tournant, mettant en lumière la nécessité de soutenir celles et ceux qui osent briser le silence.