La maladie d’Alzheimer représente un défi majeur de santé publique, touchant environ 1,4 million de personnes en France. Bien qu’il n’existe pas de traitement curatif, certaines habitudes de vie peuvent contribuer à réduire les risques. Parmi celles-ci, l’enrichissement cognitif, ou le fait de participer à des activités intellectuellement stimulantes, a été largement étudié. Une récente étude publiée dans la revue Neurology met en lumière l’importance de ces activités pour la santé cognitive.
EN BREF
- Un enrichissement cognitif régulier peut réduire le risque de maladie d’Alzheimer.
- Une étude a suivi près de 2.000 adultes âgés de 80 ans pendant 8 ans.
- Les résultats montrent une diminution significative des risques liés à des activités intellectuelles variées.
Les recommandations pour prévenir la maladie d’Alzheimer vont au-delà de l’alimentation équilibrée et de l’activité physique. Des chercheurs se sont penchés sur l’impact des activités intellectuelles, telles que la lecture, l’écriture ou l’apprentissage de nouvelles compétences. L’étude a impliqué près de 2.000 participants âgés d’environ 80 ans, tous sans démence au début de l’enquête.
Les participants ont dû remplir des questionnaires concernant leur engagement dans des activités cognitives à trois moments clés de leur vie : avant 18 ans, à partir de 40 ans et à partir de 80 ans. Ces activités incluaient la fréquence de lecture, d’écriture, de visites à des musées, ainsi que l’accès à des journaux et des abonnements à des bibliothèques.
À l’issue de l’étude, il a été observé que 551 participants avaient développé la maladie d’Alzheimer, tandis que 719 avaient souffert d’un trouble cognitif léger. Les résultats sont révélateurs : seulement 21 % des participants ayant obtenu le score d’enrichissement cognitif le plus élevé ont développé la maladie, contre 34 % pour ceux avec le score le plus bas.
Andrea Zammit, co-auteure de l’étude, a souligné l’importance d’une exposition continue à des environnements intellectuellement stimulants, affirmant que « la santé cognitive à un âge avancé est fortement influencée par ces expériences ». Des scores d’enrichissement plus élevés étaient associés à un risque réduit de 38 % de développer la maladie d’Alzheimer et de 36 % pour les troubles cognitifs légers.
Ces résultats mettent en avant l’idée que l’apprentissage tout au long de la vie pourrait avoir des effets bénéfiques sur les fonctions cognitives. Andrea Zammit a également appelé à des investissements publics pour élargir l’accès à des environnements enrichissants, comme les bibliothèques, afin d’aider à réduire l’incidence de la démence.
Cependant, il est essentiel de noter que cette étude n’établit pas de lien de causalité entre l’apprentissage et la réduction du risque de maladie d’Alzheimer ; elle souligne simplement une association. Les chercheurs ont également évoqué une limite de leur étude, qui repose sur des récits d’expériences de vie, susceptibles de contenir des inexactitudes.
La prévention de la maladie d’Alzheimer requiert une approche holistique, intégrant des habitudes de vie saines et des activités intellectuelles. En stimulant votre cerveau, vous ne protégez pas seulement votre mémoire, mais vous investissez également dans votre bien-être futur.