À compter du 1er janvier 2026, plusieurs milliers de bénéficiaires de l’Allocation aux adultes handicapés (AAH) vont subir un changement majeur. Le cumul de l’AAH avec l’Allocation de solidarité spécifique (ASS) ne sera plus autorisé, entraînant des conséquences financières significatives pour environ 15 000 personnes, selon l’association APF France handicap. Cette décision soulève des inquiétudes quant à l’avenir économique et social de ces allocataires.
EN BREF
- À partir du 1er janvier 2026, le cumul AAH et ASS sera supprimé.
- 15 000 allocataires risquent de perdre une partie significative de leurs revenus.
- Cette mesure impactera également leurs droits à la retraite.
Cette mesure, votée dans la loi de finances pour 2017, avait été maintenue temporairement jusqu’à présent. Le gouvernement avait accordé un délai de dix ans pour permettre aux bénéficiaires de s’adapter, mais cette période arrive désormais à son terme.
Pour rappel, l’ASS est versée aux demandeurs d’emploi dont la période d’indemnisation a pris fin, sous certaines conditions de ressources. Pour une personne seule, le plafond est fixé à 1 363,60 euros par mois, et à 2 142,80 euros pour un couple. Le montant de l’ASS s’élève à 19,48 euros par jour.
Conséquences pour les allocataires
Les conséquences de cette décision sont particulièrement préoccupantes. L’APF France handicap souligne que de nombreux bénéficiaires de l’AAH sont des demandeurs d’emploi de longue durée, souvent âgés de plus de 50 ans, dont les parcours professionnels ont été fragilisés par leur situation de handicap. La perte du cumul AAH-ASS entraînera une baisse immédiate et significative de leurs ressources financières.
En outre, cette situation ne pourra pas être compensée par le Revenu de solidarité active (RSA), car ces deux allocations ne sont pas cumulables. Cela représente une double peine pour des personnes déjà en situation de vulnérabilité.
Impact social et appel à l’information
Un autre aspect critique de cette mesure réside dans la perte de droits sociaux différés, notamment en matière de retraite. L’ASS permet de valider des trimestres assimilés au titre de la retraite, ce qui n’est pas le cas de l’AAH. Ce changement pourrait donc avoir des répercussions à long terme sur la situation financière des allocataires à la retraite.
L’APF France handicap appelle à une communication claire et prompte de la part des autorités gouvernementales afin d’informer les bénéficiaires sur les implications de cette évolution. Il est essentiel que les allocataires soient informés des impacts sur leur niveau de ressources, de la perte de revenus attendue, des conséquences pour leur retraite, ainsi que des démarches à entreprendre pour gérer cette transition.
Dans un contexte économique déjà difficile pour de nombreuses personnes handicapées, cette décision apparaît comme un nouveau défi à surmonter. Les allocataires méritent un soutien adéquat pour traverser cette période de changement et préserver leur dignité et leurs droits.
Les mois à venir seront cruciaux pour ces 15 000 personnes dont le quotidien sera affecté par cette mesure. Il est impératif que les discussions sur l’accessibilité et le soutien aux personnes en situation de handicap restent au cœur des préoccupations politiques et sociales.