Le tribunal correctionnel de Paris a entendu, ce mardi, le vice-président de Swiftair, propriétaire de l’avion impliqué dans le crash du vol AH5017 d’Air Algérie, survenu le 24 juillet 2014. Cette tragédie, qui a coûté la vie à 116 personnes, dont 54 Français, suscite encore de vives émotions et interrogations.
EN BREF
- Swiftair plaide la formation adéquate de ses pilotes lors du crash du vol AH5017.
- Le crash a mis en lumière des manques dans la sécurité aérienne et la formation.
- Le verdict du tribunal est attendu avec des réquisitions du parquet jeudi.
Le vol AH5017, un McDonnell Douglas MD-83, était en route pour Algers lorsqu’il a disparu des radars en pleine nuit, dans des conditions météorologiques difficiles. Le vice-président de Swiftair, Fernando Llorens, a affirmé devant le tribunal que les pilotes avaient « la formation adaptée », malgré les carences révélées par l’enquête judiciaire.
Swiftair, qui a loué l’avion à Air Algérie, est accusée d’homicides involontaires. Dans l’appareil se trouvaient 110 passagers, dont des Burkinabé, des Libanais et des Algériens, ainsi que six membres d’équipage espagnols. Llorens a insisté sur le fait qu’aucune faute pénale ne pouvait être retenue contre la compagnie.
Les enquêtes ont pourtant révélé que les pilotes n’avaient pas activé le système d’antigivrage, ce qui a causé la formation de cristaux de glace sur les capteurs de pression, entraînant une décélération automatique des moteurs. Ce manque de réaction de l’équipage a conduit à un décrochage fatal de l’avion.
Une des questions soulevées durant le procès concernait le nombre insuffisant d’heures d’exercice sur simulateur des pilotes, qui étaient saisonniers et avaient connu des périodes d’inactivité. La présidente du tribunal a interrogé, avec insistante, sur le lien entre ces manquements et l’accident. Llorens a répondu fermement : « Non », provoquant un murmure dans l’assemblée, remplie de proches des victimes.
Le représentant de Swiftair a tenté de justifier les circonstances de l’accident en évoquant des « manuels peu précis », des conditions climatiques difficiles et des facteurs humains comme la surcharge de travail et la communication dans le cockpit. Il a reconnu que des erreurs avaient eu lieu, mais a souligné que cela ne constitue pas une faute pénale. « C’est au tribunal d’en décider », a-t-il conclu.
Les juges ont aussi interrogé pourquoi les pilotes n’avaient pas repris le contrôle de l’avion. Llorens a avoué ne pas avoir la réponse. Cependant, il a mentionné que la compagnie a depuis renforcé les contrôles sur les heures de simulateur et d’entraînement de ses pilotes.
Les plaidoiries des parties civiles ainsi que les réquisitions du parquet devraient avoir lieu ce mercredi, tandis que la défense prendra la parole le lendemain. Swiftair fait face à une amende potentielle de 375 000 euros.
Ce drame, qui a marqué les esprits, soulève encore des interrogations sur la sécurité aérienne et la responsabilité des compagnies en matière de formation de leurs pilotes. La décision du tribunal pourrait avoir des répercussions importantes sur l’industrie aérienne.