Ce lundi, la cour criminelle départementale de Paris a décidé d’ordonner une expertise médicale concernant Tariq Ramadan, l’islamologue suisse accusé de viols sur trois femmes. Ce choix a été motivé par l’absence de l’accusé à l’ouverture de son procès, en raison d’une hospitalisation à Genève, selon les déclarations de ses avocats.
EN BREF
- Tariq Ramadan ne s’est pas présenté à son procès pour raison médicale.
- Une expertise médicale a été ordonnée pour évaluer son état de santé.
- Le procès pourrait être reporté en fonction des résultats de l’expertise.
Le procès de Tariq Ramadan, qui doit se tenir jusqu’au 27 mars, est marqué par des accusations graves. L’avocat général, Philippe Courroye, a exprimé la nécessité de délivrer un mandat d’arrêt international, soulignant que l’accusé ne respectait pas son contrôle judiciaire. Ce dernier lui impose l’obligation d’informer les autorités judiciaires de tout déplacement en dehors de la France.
Âgé de 63 ans, Ramadan est déjà sous le coup d’une condamnation en Suisse pour viol sur une autre femme. Son procès à Paris, qui implique des accusations de viol aggravé, de violences et de violation sur des personnes vulnérables, met en lumière des événements allégués remontant à 2009 et 2016. Les plaignantes, dont une ancienne salafiste devenue militante laïque, Henda Ayari, ont dénoncé des actes particulièrement violents.
Lors de l’audience, l’avocate de Ramadan, Me Marie Burguburu, a demandé un renvoi du procès pour que son client puisse être en état de comparaître. Selon elle, l’islamologue se trouve à la frontière de la Suisse et rend fréquemment visite à sa mère, âgée de 93 ans. Sa récente hospitalisation découle d’une aggravation de son état de santé lié à une sclérose en plaques.
La présidente de la cour a rappelé que le contrôle judiciaire imposait à Ramadan de résider à Saint-Denis, près de Paris. Cette situation a suscité des interrogations sur ses déplacements et une possible volonté d’éviter la comparution. L’avocat d’une des parties civiles a d’ailleurs souligné que l’accusé tentait d’échapper au procès.
Le procès de Tariq Ramadan, qui a connu de nombreux rebondissements depuis sa première plainte en 2017, est d’une grande complexité. La cour d’appel de Paris a récemment ordonné un procès contre lui, en écartant certaines accusations et en mettant en avant la violence des actes décrits par les victimes. Dans un précédent revirement, Ramadan avait reconnu des relations adultères, tout en niant les accusations de viol.
Parallèlement à ses affaires judiciaires en France, il a été condamné en appel en Suisse à trois ans de prison, dont un an ferme, pour un viol commis dans un hôtel à Genève. Il a annoncé son intention de saisir la Cour européenne des droits de l’homme, tout en demandant une révision de son procès en cours.
Ce procès, qui doit examiner des accusations de violence et d’abus, se poursuit dans un contexte judiciaire tendu. Les résultats de l’expertise médicale pourraient influencer le déroulement futur de cette affaire, qui reste au cœur de l’actualité judiciaire et médiatique.