Le 30 septembre 2025, la cour criminelle de Paris a prononcé une peine de 18 ans de réclusion criminelle contre l’islamologue suisse Tariq Ramadan. Jugé par défaut et à huis clos, il a été reconnu coupable de viols sur trois femmes, des faits qui s’échelonnent entre 2009 et 2016. Ce verdict, conforme aux réquisitions de l’avocat général, souligne la gravité des actes reprochés.
EN BREF
- Tariq Ramadan condamné à 18 ans de réclusion pour viols sur trois femmes.
- Le procès s’est déroulé à huis clos, l’accusé n’étant pas présent.
- Des mesures de suivi et une interdiction définitive du territoire français ont été ordonnées.
La présidente de la cour, Corinne Goetzmann, a souligné l’importance du consentement, précisant que « consentir à la sexualité n’est pas consentir à tout acte sexuel ». La cour a également ordonné un suivi socio-judiciaire de huit ans, interdisant à Ramadan de communiquer avec les victimes et de publier toute œuvre liée à ces infractions.
Ce jugement fait suite à des accusations de viols qui ont été portées par plusieurs femmes, dont Henda Ayari, une ex-salafiste devenue militante laïque. Ayari, qui a été à l’origine de la plainte en 2017, a exprimé sa satisfaction face à la décision des juges, affirmant : « Ca fait neuf ans que j’attendais ça et les juges m’ont crue ».
La cour a également statué sur les circonstances des agressions, notant que les victimes avaient décrit des relations initialement consenties, mais devenues violentes. Dans un cas, une femme a rapporté avoir ressenti une « angoisse de mort imminente » alors que Ramadan l’étranglait durant l’acte. La présidente a insisté sur le fait que le délai entre les faits et les plaintes ne compromettait pas la crédibilité des témoignages.
Ramadan, âgé de 63 ans, avait été hospitalisé à Genève juste avant l’ouverture du procès, mais une expertise médicale a conclu à la stabilité de sa maladie. Ce constat a conduit la cour à le juger par défaut, une décision qui a été critiquée par ses avocats, qui ont quitté la salle en dénonçant une « parodie de justice ».
Le verdict a suscité des réactions contrastées. Tandis que l’avocat de Henda Ayari a salué une « importante œuvre de justice », les avocats de Ramadan ont dénoncé ce qu’ils considèrent comme un acharnement judiciaire à l’égard de leur client. Ils ont rappelé que Ramadan avait déjà été condamné en Suisse pour des faits similaires, ce qui a exacerbé les tensions autour de ce procès.
Ce jugement d’une sévérité notable souligne les enjeux sociétaux liés aux violences faites aux femmes et à la nécessité de garantir une justice équitable pour les victimes. La cour a insisté sur le fait que le comportement de Ramadan révélait une « négation de l’altérité » et une volonté de détruire psychologiquement les plaignantes, des observations qui ont marqué les débats au sein de la salle d’audience.
Alors que le procès se termine, les plaidoiries et les témoignages des victimes continuent de résonner, mettant en lumière des problématiques largement débattues dans la société contemporaine. Les répercussions de ce jugement pourraient avoir un impact significatif sur la perception des violences sexuelles et l’importance du consentement dans les relations interpersonnelles.