Tariq Ramadan jugé par défaut à Paris : un mandat d’arrêt délivré

La cour criminelle départementale de Paris a pris une décision marquante concernant l’islamologue suisse Tariq Ramadan. Ce dernier sera jugé par défaut pour des accusations de viols et un mandat d’arrêt a été émis à son encontre. Cette décision intervient après son absence lors de l’ouverture de son procès, qui s’est tenue lundi dernier.

EN BREF

  • Tariq Ramadan sera jugé par défaut à Paris pour des accusations de viol.
  • Un mandat d’arrêt a été délivré suite à son absence au procès.
  • Des experts ont conclu à la stabilité de sa maladie, permettant son jugement.

La présidente de la cour, Corinne Goetzmann, a annoncé que le procès se tiendra à huis clos, rejetant la demande de renvoi formulée par la défense de Ramadan, qui n’a pas présenté d’excuses jugées valables pour son absence. En effet, l’islamologue n’est pas apparu devant la justice française depuis l’ouverture de son procès, ayant été hospitalisé à Genève pour une poussée de sclérose en plaques.

Cette décision a suscité des réactions parmi les avocats de Tariq Ramadan. Me Ouadie Elhamamouchi, l’un de ses conseils, a exprimé un sentiment de frustration, qualifiant le procès de « parodie de justice ». De son côté, Me Marie Burguburu a dénoncé la délivrance du mandat d’arrêt comme une forme d’exécution à l’encontre de son client.

Lors de l’audience, la présidente a ordonné une expertise médicale de deux neurologues pour évaluer l’état de santé de M. Ramadan, dont la défense avait fourni un courrier d’un médecin recommandant une période de repos. Cependant, les experts ont conclu que son état de santé était stable et qu’il pouvait comparaître devant la cour. Cette conclusion a été contestée par l’avocat général, Philippe Courroye, qui a qualifié la demande de renvoi de « dernier joker dilatoire ».

Les accusations à l’encontre de Tariq Ramadan sont graves. Il est poursuivi pour des viols présumés sur trois femmes entre 2009 et 2016. Les faits incluent un viol aggravé, avec violences, sur une personne vulnérable, ainsi qu’un autre viol supposé en 2012 à Paris, qui a été porté à la connaissance de la justice par Henda Ayari, une ex-salafiste devenue militante laïque. Ramadan conteste fermement ces accusations.

En plus de ces accusations, il a déjà été condamné par la justice helvète pour un viol sur une autre femme. Il encourt jusqu’à vingt ans de réclusion criminelle si les accusations sont retenues contre lui. Pendant l’instruction, il a multiplié les procédures pour tenter de faire annuler le procès, affirmant avoir de nouvelles preuves de son innocence.

La décision de la cour de maintenir le procès malgré l’absence de Tariq Ramadan souligne les tensions existantes autour de cette affaire complexe. La défense, tout en dénonçant une justice biaisée, insiste sur le souhait de leur client d’être jugé. Reste à voir comment cette affaire se déroulera dans les mois à venir.