Le récit de Marina Lacerda, une victime de Jeffrey Epstein, met en lumière la réalité tragique et complexe des abus sexuels commis par le financier américain. À seulement 14 ans, Marina a été entraînée dans un cauchemar dont elle peine encore à se remettre. Son témoignage, empreint de douleur et de colère, appelle à une prise de conscience des mécanismes d’emprise et de complicité qui entourent de telles affaires.
EN BREF
- Marina Lacerda, victime d’Epstein, évoque son expérience traumatique à 14 ans.
- Elle accuse le prince Andrew d’ignorer les demandes des victimes pour témoigner.
- Son récit dénonce la complicité des puissants et le manque de protection des victimes par les autorités.
Marina Lacerda, d’origine brésilienne, a rencontré Jeffrey Epstein alors qu’elle n’avait que 14 ans. Sa vie, déjà marquée par des traumatismes familiaux, a pris un tournant tragique lorsqu’une camarade de classe lui a proposé un emploi auprès de ce multimillionnaire. Elle espérait que cette opportunité pourrait l’aider à réaliser ses rêves de ballerine ou d’artiste à Broadway. Cependant, ce qui devait être une rencontre innocente s’est rapidement transformé en un cauchemar d’abus sexuels.
« À 14 ans, on n’a pas de relations sexuelles, on est violée », déclare-t-elle avec une franchise déchirante. Marina raconte comment Epstein a exercé une emprise progressive sur elle, lui promettant un soutien tout en abusant de sa vulnérabilité. Son témoignage a été crucial dans les poursuites judiciaires contre Epstein, qui se sont poursuivies jusqu’à sa mort en 2019.
À présent âgée de 37 ans, Marina Lacerda n’hésite pas à pointer du doigt le prince Andrew, qu’elle accuse de négligence face aux demandes des victimes. « Il ne veut pas revenir aux États-Unis pour répondre à ces questions », déplore-t-elle, tout en rappelant que le prince a jadis fréquenté Epstein sans réserve. Ses remarques soulignent une réalité troublante : les hommes puissants impliqués dans cette affaire semblent souvent se soustraire à leurs responsabilités.
Elle évoque une photo très controversée où l’on voit le prince Andrew allongé avec une jeune fille, ce qui renforce ses accusations. « Je pense qu’ils savaient tout », affirme-t-elle, dénonçant la complicité des personnes influentes qui, selon elle, ont non seulement assisté aux abus, mais ont également agi pour les dissimuler. Son analyse repose sur des échanges d’emails mettant en lumière les relations étroites entre Epstein et ses amis puissants.
Marina dénonce également la gestion de l’affaire par le Département de la Justice, accusant les autorités de protéger les leurs tout en négligeant la sécurité des victimes. Pour elle, il est inacceptable que les institutions censées défendre les opprimés aient agi dans leur propre intérêt. « Ils ont pris le temps de se protéger, mais pas de nous protéger », souligne-t-elle avec amertume.
Malgré ces traumatismes, elle trouve dans son témoignage une forme de thérapie. « Parler de mon expérience ne me retraumatise pas. C’est libérateur », explique-t-elle. Elle met également en garde contre toute indulgence envers Ghislaine Maxwell, une autre figure clé de cette affaire, en la qualifiant de menteuse sous serment.
Les propos de Marina Lacerda résonnent comme un appel à l’action. Dans un contexte où des figures publiques minimisent souvent la gravité de tels abus, son témoignage rappelle que derrière les scandales médiatiques, il existe des vies brisées et des histoires de survie. « Ce n’est pas ennuyeux quand le monde entier est concerné », conclut-elle, soulignant l’importance de ne pas détourner le regard face à des réalités dérangeantes.