Dans un contexte de dépeuplement rural, où les campagnes françaises voient leur jeunesse fuir vers les villes, Tincourt-Boucly se dresse en exemple de résilience. Ce petit village de la Somme, qui compte seulement 380 habitants, refuse de céder à la fatalité. Le maire, Vincent Morgant, incarne cette volonté d’attirer de nouvelles familles malgré les défis auxquels il fait face.
EN BREF
- La population rurale française continue de diminuer, avec seulement 22% des jeunes vivant à la campagne.
- Tincourt-Boucly investit 350.000 euros dans l’extension de son école pour attirer des familles.
- Le village développe des initiatives comme un « drive rural » pour maintenir le lien social.
La situation est alarmante : selon les chiffres de l’Insee, les fermetures de classes se multiplient, avec 3.742 classes supprimées dans le premier degré en septembre. À Tincourt-Boucly, la réalité est tangible, avec une classe qui a fermé récemment. Cette décision a provoqué des inquiétudes parmi les habitants, comme en témoigne une mère interrogant le maire sur l’impact de cette fermeture sur le bien-être des enfants.
Pour contrer cette tendance, la municipalité a décidé de concentrer ses efforts sur l’école, considérée comme le cœur de la vie communautaire. Un projet ambitieux d’extension de l’établissement a été lancé, représentant un investissement conséquent pour un village de cette taille. Vincent Morgant souligne l’importance de cette initiative, qui, selon lui, est cruciale pour revitaliser la communauté. « C’est très important parce que c’est la vie », déclare-t-il avec passion.
Les efforts pour attirer des familles ne s’arrêtent pas à l’école. Camille, une habitante récemment installée, évoque la nécessité de créer un environnement propice à l’épanouissement des enfants. « On a un petit bébé… Mais j’aurais bien aimé qu’il ait des petits copains », confie-t-elle. Des maisons sont mises en vente, et la municipalité fait de la publicité pour inciter de nouvelles familles à s’y établir.
Les initiatives ne se limitent pas à l’éducation. Tincourt-Boucly envisage également de mettre en place un « drive rural », permettant aux habitants de recevoir leurs courses directement dans le village. Cela répond à un besoin fondamental de maintenir le lien social entre les résidents, comme l’explique Vincent Morgant. « C’est important que les gens puissent se rencontrer », insiste-t-il.
Pour le maire, l’exode rural n’est pas une fatalité, mais un défi qui peut être surmonté par des choix politiques avisés. Avec ses 31 ans d’expérience en tant qu’élu municipal, il continue de croire en l’avenir de son village. « J’en suis à ma 31e année d’élu municipal et, au risque de paraître un peu têtu et obstiné, j’y crois toujours », affirme-t-il, le sourire aux lèvres.
Le village de Tincourt-Boucly cherche donc à maintenir son dynamisme à travers diverses structures, telles qu’une garderie, un centre de loisirs et une maison des associations. Ces projets visent à répondre aux besoins des familles tout en offrant des activités aux résidents de tous âges. « Avec le vieillissement, certains ont moins d’envies, mais nous, on ne veut pas mourir », conclut Vincent Morgant, illustrant ainsi la détermination des habitants à préserver leur cadre de vie.
En somme, Tincourt-Boucly se bat avec vigueur pour attirer et retenir sa jeunesse, prouvant qu’avec de la volonté et des initiatives ciblées, il est possible de lutter contre l’exode rural et de redynamiser un village en déclin.