Le 17 mars 2026, à Grandpuits-Bailly-Carrois, TotalEnergies a inauguré son installation de recyclage chimique des plastiques. Cette initiative, qui vise à transformer les déchets plastiques en hydrocarbures, suscite de vives critiques de la part des défenseurs de l’environnement, qui dénoncent son coût élevé et son efficacité limitée.
EN BREF
- Inauguration de la première usine de recyclage chimique à Grandpuits par TotalEnergies.
- Critiques sur le coût et l’efficacité du procédé de recyclage chimique.
- Capacité limitée à traiter 15 000 tonnes de déchets plastiques par an.
Cette nouvelle installation, présentée comme un pas vers une économie circulaire, utilise une technologie développée par la société britannique Plastic Energy. L’objectif affiché est de transformer des déchets plastiques, souvent incinérés ou enfouis, en matière première pour la production de nouveaux plastiques. Le directeur du site, Guillaume Alliot, a souligné que le premier camion rempli d’huile de pyrolyse est déjà parti pour Anvers, marquant ainsi une étape clé dans le processus de recyclage.
Le recyclage chimique, bien que prometteur sur le papier, est critiqué pour sa complexité et son coût. À Grandpuits, les déchets plastiques, soigneusement triés et compressés par l’entreprise Paprec, sont transformés en hydrocarbures. Cependant, selon les experts, cette méthode est énergivore et nécessite l’ajout de naphta vierge, ce qui limite son potentiel écologique. Jean-Yves Daclin, directeur général France de Plastics Europe, a récemment déclaré que le modèle économique de ce procédé doit encore être construit et qu’il faudra plusieurs années avant qu’il ait un impact significatif.
Les chiffres sont parlants : l’usine de Grandpuits pourra traiter jusqu’à 15 000 tonnes de déchets par an, ce qui représente moins de 0,3% des 5,5 millions de tonnes d’emballages ménagers mis sur le marché français en 2024. Il s’agit d’une goutte d’eau dans l’océan des déchets plastiques produits chaque année. L’ONG Zero Waste critique également le fait que ce type de recyclage entretient l’idée d’un recyclage infini, alors que le plastique se dégrade au fil du temps.
La position de TotalEnergies s’inscrit dans un contexte plus large, où le recyclage chimique est de plus en plus soutenu par les autorités. En février, les 27 États de l’Union européenne ont approuvé l’intégration de ce procédé dans les exigences de contenu recyclé pour les bouteilles en plastique. L’entreprise cherche ainsi à se positionner comme un acteur de la transition énergétique, malgré les doutes qui persistent sur la viabilité de son modèle.
En conclusion, bien que TotalEnergies vante les mérites de son usine de recyclage chimique à Grandpuits, les experts et les ONG soulignent les limites de cette technologie. Alors que la lutte contre la pollution plastique est plus urgente que jamais, le chemin vers une solution durable semble encore semé d’embûches.