TotalEnergies réduit ses prix à la pompe : un geste suffisant face à ses bénéfices records ?

Le géant pétrolier TotalEnergies a annoncé une baisse significative de ses prix de vente du diesel, fixant celui-ci à 2,15 euros le litre dans plus de 700 stations-service à partir de ce samedi. Ce geste intervient dans un contexte de bénéfices record pour l’entreprise, qui a enregistré un bénéfice net de 8,3 milliards de dollars pour le troisième trimestre 2023, une hausse marquée par la flambée des prix des hydrocarbures. Ce geste à la pompe est-il suffisant pour répondre aux attentes des consommateurs et du gouvernement ?

EN BREF

  • TotalEnergies réduit le prix du diesel à 2,15 €/L dans 705 stations-service.
  • L’entreprise a enregistré un bénéfice net record de 8,3 milliards de dollars au T3 2023.
  • Le gouvernement appelle à un affichage clair des prix et à l’exemplarité de TotalEnergies.

Ce changement de prix, qui concerne 60 % des ventes de carburant de TotalEnergies, fait suite à une décision gouvernementale de déstockage de réserves stratégiques, mise en œuvre pour lutter contre la hausse vertigineuse des prix des carburants. Le gouvernement avait exprimé son souhait de constater « une baisse visible » des tarifs à la pompe, une demande qui semble avoir été entendue.

Malgré cette initiative, les commentaires sur les réseaux sociaux et dans les médias s’interrogent sur l’efficacité de cette mesure. En effet, TotalEnergies a également été critiqué pour ses bénéfices colossaux en pleine crise énergétique. La porte-parole du gouvernement et ministre déléguée à l’Énergie, Maud Bregeon, a insisté sur la nécessité pour TotalEnergies d’être exemplaire dans ses actions. Dans une intervention sur RMC-BFMTV, elle a rappelé que l’entreprise avait déjà mis en place des plafonnements de prix sur l’essence et le diesel.

Dans un contexte où le débat sur la taxation des superprofits est de plus en plus présent, des voix s’élèvent pour questionner la stratégie de TotalEnergies. Arthur Chevallier, intervenant sur RMC, a souligné que l’entreprise n’est plus réellement une société française, même si elle maintient des liens avec la France pour des raisons de marché. Pour lui, la question de l’exemplarité de TotalEnergies est cruciale dans la gestion de cette crise.

Face aux bénéfices records, certains experts, comme l’entrepreneur Emmanuel De Villiers, estiment qu’il est plus approprié de demander à TotalEnergies de continuer à plafonner les prix plutôt que d’appliquer une surtaxe. « Le plafond est plus efficace que la taxe », a-t-il affirmé, ajoutant que cette mesure avait déjà coûté à l’entreprise environ 500 millions d’euros.

Les opinions divergent sur la meilleure manière de gérer cette situation. Fatima Aït Bounoua, enseignante, a noté que l’image de l’entreprise joue un rôle crucial dans cette dynamique, et que les pressions extérieures pourraient inciter TotalEnergies à faire davantage d’efforts pour éviter d’être perçue comme « profiteur de guerre ».

En plus de la baisse du prix du diesel, TotalEnergies a annoncé une remise de 200 euros par mètre cube pour les clients utilisant du fioul domestique, ainsi qu’une réduction de 20 centimes par litre pour le Gazole Non Routier destiné aux agriculteurs et aux entreprises de travaux publics. Ces remises seront visibles sur les factures, soulignant l’effort de l’entreprise pour répondre aux besoins des consommateurs.

Dans ce contexte économique tendu, il semble essentiel que TotalEnergies prenne en compte les attentes des Français, qui espèrent une baisse généralisée des prix des carburants. Les décisions futures de la société seront scrutées de près, alors que le débat sur la justice économique et le soutien aux ménages continue de s’intensifier.