La Maison-Blanche cherche à rétablir le contrôle sur la narration concernant les tensions avec l’Iran. Après des déclarations controversées du secrétaire d’État Marco Rubio, qui avaient laissé entendre que les États-Unis avaient agi en raison des préparatifs israéliens pour frapper Téhéran, le président Donald Trump a déclaré que la décision d’intervenir lui revenait entièrement.
EN BREF
- Trump affirme avoir pris la décision d’agir contre l’Iran de manière indépendante.
- Des déclarations de Marco Rubio ont suscité des inquiétudes quant à l’escalade militaire.
- Les démocrates demandent un débat sur les pouvoirs de guerre du président.
Lors d’une conférence de presse tenue dans le Bureau ovale le mardi 3 mars, aux côtés du chancelier allemand Friedrich Merz, Donald Trump a précisé que les États-Unis n’avaient pas été influencés par Israël. Au contraire, il a affirmé avoir potentiellement « forcé la main d’Israël » en raison de la menace qu’il percevait de l’Iran. Selon lui, l’Iran était sur le point de lancer une attaque contre les États-Unis et leurs alliés.
« Compte tenu de la tournure des négociations, je pense qu’ils (l’Iran) allaient attaquer en premier. Et je ne voulais pas que ça arrive. Alors j’ai peut-être forcé la main d’Israël. Mais Israël était prêt. Et nous étions prêts », a-t-il insisté, soulignant ainsi son rôle proactif dans la situation.
Cette déclaration a été faite en réponse à une polémique survenue la veille. Marco Rubio, s’adressant à des élus du Congrès, avait déclaré que Washington était au courant des intentions israéliennes de frapper l’Iran. Cela avait conduit à des interprétations selon lesquelles les États-Unis avaient été entraînés dans une escalade militaire.
Pour apaiser les tensions, l’administration Trump a tenté de rectifier le tir. La porte-parole de la Maison-Blanche, Karoline Leavitt, a affirmé que les commentaires de Rubio avaient été « tronqués » et que la décision du président avait été prise de manière autonome. Cette question de la « menace imminente » soulève des interrogations sur la légalité de l’engagement militaire de Trump.
Pour justifier l’opération nommée « Epic Fury », la Maison-Blanche a soutenu que les États-Unis faisaient face à une menace directe de l’Iran. L’administration a également affirmé que des responsables du Congrès avaient été informés à l’avance, y compris les membres des commissions du renseignement.
Cependant, les démocrates critiquent cette décision, la qualifiant d’illégale en raison de l’absence de vote du Congrès, et appellent à un débat sur les pouvoirs de guerre du président. Trump a réagi à ces critiques en affirmant que, peu importe sa décision, ses adversaires auraient de toute façon trouvé un moyen de le blâmer. « Si je ne l’avais pas fait, ils auraient dit que j’aurais dû le faire. Si je le fais, ils disent que je n’aurais pas dû », a-t-il déclaré.
La controverse ne se limite pas aux démocrates. Même au sein du mouvement conservateur, certaines figures, traditionnellement opposées aux interventions militaires à l’étranger, expriment des préoccupations quant à une nouvelle escalade des conflits au Moyen-Orient. Dans ce contexte, la gestion des relations internationales par la Maison-Blanche est plus que jamais sous le feu des critiques.