Dans un contexte de tensions croissantes au Moyen-Orient, le président américain Donald Trump a lancé un appel pressant à ses alliés ainsi qu’à la Chine pour qu’ils s’engagent à sécuriser le trafic d’hydrocarbures dans le détroit d’Ormuz, une voie maritime stratégique dominée par l’Iran. Cet appel survient alors que le Japon est devenu la première grande économie mondiale à utiliser ses réserves stratégiques afin de prévenir un choc pétrolier, dans le cadre d’un effort concerté.
EN BREF
- Trump appelle alliés et Chine à sécuriser le détroit d’Ormuz stratégique.
- Le Japon commence à puiser dans ses réserves pétrolières pour éviter une crise.
- Israël intensifie ses frappes contre les infrastructures iraniennes à Téhéran.
Alors que la guerre au Moyen-Orient entre dans son 17e jour, Israël poursuit ses bombardements, touchant notamment le Liban et la capitale iranienne, Téhéran. Ce lundi, l’aéroport de Dubaï, un des principaux nœuds aériens mondiaux, a été temporairement fermé en raison d’un incendie causé par une attaque de drone sur un réservoir de carburant.
Lors d’une conférence de presse, Trump a affirmé que l’Iran avait été « décimé » par plus de deux semaines de frappes américano-israéliennes. Bien qu’il ait indiqué mener des discussions avec Téhéran, il a précisé qu’aucun accord pour mettre fin au conflit n’était encore en vue. « Nous sommes en discussion avec eux, mais je ne pense pas qu’ils soient tout à fait prêts », a-t-il déclaré.
En parallèle, le président américain a intensifié la pression sur ses alliés et la Chine, les incitant à envoyer des navires de guerre dans le détroit d’Ormuz. Cette voie maritime est cruciale, transportant un cinquième du trafic mondial de pétrole et de gaz liquéfié, ce qui la rend essentielle pour les économies asiatiques et européennes. « Il est normal que ceux qui tirent profit de ce détroit contribuent à sa sécurité », a-t-il affirmé.
Trump a également exprimé des préoccupations quant à l’avenir de l’OTAN, menaçant de reporter un voyage prévu en Chine si ses alliés ne répondaient pas à son appel.
Réactions des alliés
Les réponses à l’appel de Trump ont été pour l’instant timides. Le ministre de la Défense japonais, Shinjiro Koizumi, a déclaré que le Japon, en vertu de sa Constitution pacifiste de 1947, « n’envisageait pas » d’envoyer des navires dans le détroit. La Première ministre Sanae Takaichi a précisé que toute opération de sécurité maritime serait « extrêmement difficile juridiquement ». De son côté, la ministre australienne des Transports, Catherine King, a confirmé que l’Australie ne déploierait pas de navire dans cette zone.
Le ministère des Affaires étrangères iranien a mis en garde les nations qui envisagent de répondre à l’appel de Washington, les exhortant à éviter toute action susceptible d’escalader le conflit. Les prix du pétrole, ayant fortement augmenté depuis le début des hostilités, montrent des signes de stabilisation autour de 100 dollars le baril.
Une réponse internationale coordonnée
Face à la crise, les membres de l’Agence internationale de l’énergie (AIE) ont récemment décidé de libérer collectivement 400 millions de barils de leurs réserves stratégiques, une décision sans précédent depuis les cinquante ans d’existence de cette institution. Le Japon, qui dépend à 95 % de son pétrole du Moyen-Orient, a ainsi commencé à puiser dans ses réserves stratégiques, libérant l’équivalent de 15 jours de consommation nationale.
Dans le même temps, la guerre ne montre aucun signe de ralentissement. L’armée israélienne a intensifié ses frappes à Téhéran et dans la banlieue sud de Beyrouth, cible du mouvement chiite pro-iranien Hezbollah. Le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, a dénoncé un « écocide » suite aux bombardements israéliens, mettant en avant les conséquences néfastes sur la santé des habitants et la contamination potentielle des sols.
Israël a également été en alerte après la détection de missiles lancés depuis l’Iran. Depuis le début de la guerre, l’Iran a ciblé des bases militaires américaines et des infrastructures civiles dans la région, justifiant ces actions par des preuves de l’utilisation de ces bases pour frapper son territoire.
Alors que les tensions continuent de monter, l’avenir de la région et de ses ressources énergétiques reste incertain.