Le 13 mars 2023, Donald Trump a demandé un soutien international pour sécuriser le détroit d’Ormuz, un passage stratégique maritime, qui est actuellement largement contrôlé par l’Iran. Cette demande survient après une période où le président américain avait affirmé que les États-Unis avaient déjà remporté la guerre en cours dans la région. Malgré cette demande, ses alliés semblent réticents à intervenir.
EN BREF
- Trump appelle à l’aide des alliés pour sécuriser le détroit d’Ormuz.
- Les pays sollicités, dont le Japon et l’Australie, refusent de déployer des navires.
- L’Allemagne et d’autres nations soulignent la nécessité d’une approche diplomatique.
Lors d’une déclaration, Trump a exprimé l’espoir que des pays comme la Chine, la France, le Japon et le Royaume-Uni enverraient des navires dans cette zone stratégique. Il a souligné que ceux qui bénéficient du passage maritime devraient contribuer à sa sécurité. Le président a également prédit des conséquences néfastes pour l’OTAN si les nations membres ne répondaient pas à son appel.
La réaction des pays sollicités a été vague et, pour certains, clairement négative. Le Japon, soumis à une constitution pacifiste, a indiqué qu’il n’envisageait pas de déployer des forces dans la région, alors qu’il commence à puiser dans ses réserves de pétrole, fortement dépendant des importations du Moyen-Orient.
De son côté, l’Australie a également refusé de participer. La ministre des Transports, Catherine King, a affirmé que le pays ne prévoyait pas d’envoyer des navires dans le détroit d’Ormuz. La Corée du Sud a été plus prudente, choisissant de ne pas s’engager afin de ne pas compromettre la présence militaire américaine dans la région indo-pacifique.
La France, bien qu’ayant précédemment signalé son intérêt, a choisi de ne pas agir immédiatement. Emmanuel Macron a annoncé l’envoi d’équipements militaires en Méditerranée orientale, mais cela reste une mission défensive. Trump a affirmé avoir eu une conversation avec Macron, se disant optimiste quant à sa réponse, qu’il a qualifiée de « 8 sur 10 », tout en ironisant sur la nécessité d’attendre « la perfection » de la part de la France.
Le Royaume-Uni, qui avait initialement proposé son aide, a été écarté par Trump, qui a jugé leur offre trop tardive. Le pays propose désormais des drones de déminage, mais la participation militaire semble exclue.
En outre, l’Allemagne a affirmé que la guerre entre Israël et les États-Unis contre l’Iran n’était pas liée à l’OTAN. Le ministre allemand de la Défense, Boris Pistorius, a précisé que son pays ne participerait pas militairement, mais qu’il soutiendrait des efforts diplomatiques pour garantir la sécurité maritime dans le détroit d’Ormuz.
Face à la réaction timide de ses alliés, Trump a exprimé son mécontentement, rappelant que les États-Unis protégeaient ces pays depuis des décennies sans obtenir de retour significatif. « Nous encourageons vivement les autres nations à s’impliquer avec nous, et rapidement », a-t-il déclaré, insistant sur l’importance de l’unité et du soutien mutuel.
En parallèle, les ministres des Affaires étrangères de l’UE ont discuté d’un éventuel recours à la mission Aspides, destinée à protéger le trafic maritime. Cependant, plusieurs pays ont exprimé des réserves quant à l’efficacité d’une telle opération, qui a été initialement conçue pour contrer les menaces des rebelles houtis en mer Rouge.
La France avait évoqué une mission défensive pour rouvrir le détroit d’Ormuz, mais les détails de cette initiative demeurent flous. Les pays européens se montrent prudents face à une escalade potentielle dans la région, même si certains ministres, comme ceux de Lituanie et de Pologne, ont exprimé leur volonté de considérer une demande officielle de l’OTAN.
Les tensions demeurent élevées, et les autorités iraniennes ont mis en garde les nations qui envisageraient de répondre à l’appel de Trump, les exhortant à éviter toute action pouvant exacerber le conflit. Le guide suprême iranien a déjà affirmé que l’Iran continuerait à exercer son influence sur le détroit d’Ormuz, le considérant comme un levier contre les États-Unis et Israël.