Dans un discours à la nation, Donald Trump a exprimé son souhait de voir les pays membres de l’Otan intervenir pour sécuriser le détroit d’Ormuz, incontournable route maritime pour le transport du pétrole. Cette déclaration, faite dans la nuit de mercredi à jeudi, survient alors que la tension monte en Iran, où le détroit est devenu un point névralgique du conflit actuel. Le président américain a exhorté ses alliés à « s’occuper » de cette situation, ajoutant que les pays concernés devraient « aller au détroit, s’emparer de la situation, et la protéger ».
EN BREF
- Donald Trump appelle l’Otan à sécuriser le détroit d’Ormuz.
- Emmanuel Macron rejette fermement toute opération militaire.
- Une réunion internationale se tient pour discuter de la situation maritime.
La réponse rapide d’Emmanuel Macron, donnée ce jeudi lors d’une visite à Séoul, a été sans équivoque. Il a déclaré qu’une intervention militaire pour « libérer » le détroit d’Ormuz n’était pas envisageable. « Cela n’est jamais l’option que nous avons retenue et nous considérons qu’elle est irréaliste », a-t-il affirmé, soulignant les risques et le temps que nécessiterait une telle opération. Macron a de plus insisté sur l’importance de la diplomatie, appelant à un cessez-le-feu et à la négociation avec l’Iran.
Le président français a davantage précisé que « ce n’est pas une action militaire ciblée qui permettra de régler durablement la question du nucléaire iranien ». Il a mis en avant la nécessité d’un cadre de négociation pour éviter une détérioration future de la situation. Selon lui, seule une approche diplomatique pourrait garantir la paix et la stabilité dans la région.
Cette question de la sécurité maritime a fait l’objet d’un débat plus large au niveau international. Yvette Cooper, la ministre britannique des Affaires étrangères, a évoqué « l’urgente nécessité » de rouvrir le détroit d’Ormuz lors d’une réunion virtuelle rassemblant plus de 40 pays. Elle a souligné les conséquences économiques d’une fermeture prolongée et la détermination internationale à rétablir la liberté de navigation.
Au cours de son discours, Donald Trump a également exprimé sa conviction que le détroit « allait s’ouvrir naturellement » car les Iraniens auraient besoin de vendre leur pétrole pour reconstruire leur pays. Selon lui, cela entraînerait une baisse des prix des hydrocarbures et une amélioration des marchés boursiers.
Il est à noter que l’initiative de sécurisation du détroit d’Ormuz a été lancée par six pays – le Royaume-Uni, la France, l’Allemagne, l’Italie, les Pays-Bas et le Japon – mi-mars. Toutefois, plusieurs nations ont précisé que toute action militaire serait exclue tant que le conflit se poursuivrait.
Depuis le début des hostilités, l’Iran a considérablement limité le transit maritime dans le détroit, où transite habituellement un cinquième de la production mondiale de pétrole. Cette situation a entraîné une flambée des prix des hydrocarbures, affectant l’économie mondiale. Seuls quelques navires, majoritairement iraniens, émiratis, indiens, chinois et saoudiens, continuent à opérer dans cette zone.
La réunion de ce jeudi a été suivie d’une autre réunion prévue au niveau des « planificateurs militaires » des pays impliqués, afin d’examiner comment rendre le détroit accessible et sûr une fois les combats arrêtés. Keir Starmer, le Premier ministre britannique, a souligné l’importance de ces discussions pour garantir la liberté de navigation.
Il convient de rappeler qu’en mars dernier, Trump avait déjà formulé une demande d’assistance à ses alliés pour rétablir la circulation maritime dans le détroit d’Ormuz, mais avait rencontré un refus global de la part des pays européens. Kaja Kallas, cheffe de la diplomatie européenne, avait alors déclaré : « Cette guerre n’est pas la guerre de l’Europe, mais les intérêts de l’Europe sont directement en jeu ».
Le chancelier allemand Friedrich Merz a également écarté toute participation de l’Allemagne à une action militaire, affirmant que les États-Unis et Israël ne l’avaient pas consulté. Il a insisté sur le fait que tant que le conflit perdurera, son pays ne participera pas à la sécurité maritime dans le détroit.