Un adolescent de 15 ans interpellé après avoir planifié une attaque via ChatGPT

Dans une affaire troublante survenue à Quilmes, en banlieue de Buenos Aires, un adolescent de 15 ans a vu son projet d’attaque contre son école signalé aux autorités américaines après avoir échangé des messages avec l’assistant virtuel ChatGPT. Ce cas met en lumière les implications de l’utilisation des intelligences artificielles dans la communication quotidienne.

EN BREF

  • Un adolescent a discuté d’un plan d’attaque avec ChatGPT, déclenchant une alerte au FBI.
  • Les autorités argentines ont interpellé le mineur après une enquête de huit jours.
  • Ce cas illustre les risques liés aux interactions avec des IA et leur surveillance.

Selon des informations relayées par le média argentin Clarín, le jeune homme avait décrit son projet en détail, mentionnant son âge, son intérêt pour des équipements tactiques et la possibilité de précipiter son attaque initialement prévue pour 2027. Ce type de communication, qui peut sembler anodin, a en réalité déclenché une série de mesures de sécurité.

OpenAI, la société derrière ChatGPT, utilise des systèmes de surveillance pour détecter des conversations présentant des risques de violence. Lorsque des seuils critiques sont atteints, des modérateurs humains examinent les messages et, si nécessaire, alertent les forces de l’ordre. Dans ce cas, les règles de l’entreprise stipulent qu’en cas de « risque imminent et crédible de dommage à des tiers », les données personnelles peuvent être partagées avec les autorités pour protéger la sécurité publique.

Le 19 août 2026, l’attaché juridique du FBI à Buenos Aires a transmis l’information à la police fédérale argentine, spécifiquement à l’unité antiterroriste. Les enquêteurs ont d’abord recoupé les données techniques, exploitant l’adresse IP utilisée pour se connecter à ChatGPT. Ils ont ensuite ciblé la résidence familiale de l’adolescent à Quilmes.

Après une surveillance de huit jours, le 28 août, les forces de l’ordre ont perquisitionné le domicile. Lors de cette opération, elles ont saisi des éléments compromettants, dont deux téléphones, des gants tactiques, un bob camouflé, une balaclava ornée d’un motif de crâne, un passe-montagne militaire et des lunettes de protection noires. Des vidéos ont également montré le jeune homme essayant divers masques, illustrant la gravité de son intention.

Suite à cette intervention, la justice argentine a décidé de poursuivre le mineur pour « intimidation publique » en degré de tentative, considérant qu’il avait franchi la frontière entre fantasme et intention concrète. Ce basculement rapide soulève des questions sur la nature des échanges avec les intelligences artificielles et leur impact sur le comportement des individus.

Ce n’est pas la première fois que l’utilisation de ChatGPT engendre des conséquences légales. En avril, un homme de 37 ans en France a été appréhendé après avoir posé des questions à l’assistant sur la manière de se procurer une arme pour s’en prendre à des agents des services de renseignement. Aux États-Unis, des affaires similaires ont également été signalées.

Cette situation met en exergue la nécessité d’une réflexion approfondie sur les interactions avec les intelligences artificielles. Alors que ces technologies deviennent de plus en plus omniprésentes, il est crucial de considérer les implications éthiques et sécuritaires de leur utilisation. Les frontières entre communication privée et signalement aux autorités s’amenuisent, et le discours avec une IA n’est plus un secret bien gardé.