Le 27 mars 2026, la Cour d’assises de Versailles a rendu son verdict dans l’affaire du meurtre d’Olivio Gomes, tué par l’ancien policier Gilles Guilbert en octobre 2020. Cette décision a été accueillie par un mélange d’émotion et de soulagement par la famille de la victime.
EN BREF
- Gilles Guilbert a été condamné à dix ans de réclusion criminelle.
- La légitime défense n’a pas été retenue par le tribunal.
- La famille de la victime exprime un soulagement après ce verdict.
Lors de l’audience, le président de la cour, Didier Safar, a précisé que les conditions de la légitime défense, invoquées par Guilbert, n’étaient pas réunies. En effet, il a souligné que l’acte de tirer sur une personne n’était ni « nécessaire » ni « proportionné » à la situation. Gilles Guilbert, âgé de 35 ans, a toujours soutenu qu’il avait agi pour se défendre, affirmant avoir craint pour sa vie.
Le verdict a été prononcé après plus de six heures de délibération, et il a suivi en grande partie les réquisitions de l’avocat général. Ce dernier a insisté sur l’absence d’empathie de Guilbert envers la famille de la victime et son manque de remords, des éléments qui ont pesé lourd dans la décision du tribunal.
Outre la peine de prison, l’ancien policier a également reçu une interdiction définitive d’exercer toute fonction publique et de détenir une arme pendant 15 ans. Son avocat, Me Laurent-Franck Liénard, a immédiatement annoncé l’intention de faire appel de cette décision.
La famille d’Olivio Gomes a exprimé un profond soulagement à l’issue du procès. Kadi, l’épouse d’Olivio, a déclaré : « C’est un soulagement pour mes enfants. Je vais enfin pouvoir leur dire que leur père a été tué par un policier… et qu’il a été condamné pour ce qu’il a fait. » Son frère, Léonel, a aussi exprimé sa satisfaction, affirmant que la condamnation avait permis de laver l’honneur de son proche, injustement décrit comme un délinquant.
Les faits remontent à la nuit du 16 au 17 octobre 2020, lorsque Gilles Guilbert, en service avec deux autres collègues de la brigade anticriminalité de nuit, a pris en filature la voiture d’Olivio Gomes. Après une poursuite sur le périphérique parisien et l’A13, les policiers ont tenté d’intercepter le véhicule de la victime devant son domicile. Guilbert a alors tiré trois balles, dont une a été fatale, blessant mortellement Gomes, un jeune père de famille originaire de Guinée-Bissau.
Au cours du procès, l’avocat général a remis en question les déclarations des policiers, les accusant d’irrégularités dans leur version des événements et de fabrication de preuves. Ces accusations viennent renforcer le sentiment de méfiance qui entoure les actions des forces de l’ordre dans ce type d’affaires.
Me Damien Vinet, représentant la famille d’Olivio Gomes, a exprimé sa satisfaction face à la décision de la cour, soulignant l’importance de la justice dans cette affaire tragique. « Il y a eu une application juste de la loi », a-t-il déclaré, indiquant que le verdict était essentiel pour la famille dans leur processus de deuil.
La condamnation de membres des forces de l’ordre pour homicide volontaire dans l’exercice de leurs fonctions demeure une situation rare en France. Ce procès met en lumière des questions cruciales concernant la responsabilité et la transparence au sein des forces de police.