Alors que l’enquête judiciaire sur la mort de Quentin Deranque se poursuit, un nouvel élément de preuve a émergé, fournissant un éclairage essentiel sur les événements tragiques de cette soirée fatidique. Le Progrès a révélé, ce jeudi 5 mars, l’existence d’une vidéo qui documente les instants qui ont suivi les affrontements survenus à Lyon, où le jeune homme de 23 ans a été victime d’une agression ayant conduit à son décès deux jours plus tard, des suites d’un traumatisme crânien.
EN BREF
- Une vidéo montre les scènes après la bagarre ayant entraîné la mort de Quentin Deranque.
- Des discussions sur l’évacuation du jeune homme révèlent des tensions parmi ses amis.
- Onze personnes ont été interpellées, six d’entre elles mises en examen pour homicide volontaire.
Le quotidien régional souligne que le contenu de cette vidéo, bien que non reproduit dans l’article, est qualifié de « terrible ». Les images ont été enregistrées juste après les affrontements entre militants d’ultradroite et d’ultragauche, non loin de l’Institut d’Études politiques de Lyon, où une conférence de l’eurodéputée LFI, Rima Hassan, était en cours. Cette conférence avait suscité des tensions, notamment de la part du collectif fémonationaliste Némésis, qui s’opposait à la tenue de l’événement.
Dans la vidéo, on peut voir Quentin Deranque dans un état affaibli, les mains couvertes de sang. Ses amis et quelques riverains tentent d’évaluer la gravité de sa situation. Une femme appelle les secours, s’inquiétant de l’état critique du jeune homme : « Ils envoient quelqu’un, mais ils ne se téléportent pas : ils viendront quand ils pourront », explique-t-elle.
Ce dialogue met en lumière une réaction inattendue de certains amis de Quentin, qui semblent hésiter à contacter les services d’urgence. Un homme dans le groupe déclare : « Non, mais ce sont des trucs qu’ils assument. Ils sont là pour ça. » Cette réponse choque la riveraine, qui s’indigne : « Pourquoi ? Il s’est fait taper sur la tête ce monsieur ! »
Un ami de Quentin intervient pour insister sur la nécessité d’emmener le jeune homme à l’hôpital. Néanmoins, il ajoute une nuance inquiétante : si Quentin ne souhaite pas avoir de problèmes avec la police, il pourrait être préférable de ne pas y aller. La vidéo se termine abruptement sans plus de précisions sur la suite des événements.
D’après le procureur de Lyon, Thierry Dran, Quentin Deranque n’a pas été transporté immédiatement à l’hôpital. Après l’agression, il a tenté de regagner son domicile avec un ami, parcourant à pied un kilomètre et demi. Cependant, son état s’est détérioré au fil du chemin, et les secours ont finalement été alertés. Transporté à l’hôpital dans un état critique, le jeune homme est tombé dans le coma et est décédé deux jours plus tard.
À la suite de la mort de Quentin, les enquêteurs ont procédé à l’interpellation de onze personnes, dont six hommes ont été mis en examen pour « homicide volontaire ». Bien que plusieurs d’entre eux aient reconnu avoir porté des coups à Quentin, tous ont nié avoir eu l’intention de le tuer. Ces suspects, âgés de 20 à 26 ans, sont liés à la Jeune Garde, un mouvement d’ultragauche fondé à Lyon en 2018 par le député LFI Raphaël Arnault, qui a été dissous en juin dernier.
Récemment, deux autres hommes, âgés de 22 et 26 ans, ont été arrêtés dans le cadre de cette enquête. Les enquêteurs estiment avoir réussi à identifier et interroger tous ceux qui ont contribué, de près ou de loin, à la violence ayant conduit à la mort de Quentin Deranque.
Il est à espérer que cette enquête apportera des réponses claires à une tragédie qui a choqué la communauté lyonnaise et suscite des interrogations sur la montée de la violence entre groupes aux idéologies opposées.