Un entraînement cognitif réduit le risque de démence de 25 % sur 20 ans

La démence, dont la maladie d’Alzheimer est l’une des formes les plus connues, représente un défi de santé publique croissant. En France, le nombre de personnes atteintes pourrait passer de 1,4 million en 2025 à 2,3 millions d’ici 2050, d’après un rapport de l’association Alzheimer Europe. Face à cette situation alarmante, des chercheurs de l’université Johns Hopkins, aux États-Unis, ont exploré l’impact d’un entraînement cérébral sur le risque de démence sur le long terme.

EN BREF

  • Un entraînement cognitif ciblé pourrait réduire le risque de démence de 25 % sur 20 ans.
  • 3 000 participants âgés de 65 ans et plus ont été étudiés dans le cadre de cette recherche.
  • Les résultats montrent que l’exercice de vitesse est le plus efficace pour prévenir la maladie.

Les chercheurs ont recruté près de 3 000 personnes de 65 ans et plus entre 1998 et 1999. Ces participants ont été répartis en quatre groupes : trois groupes ont suivi des exercices cognitifs variés, tandis qu’un quatrième groupe n’a reçu aucune intervention, servant ainsi de groupe témoin. Chacun des groupes a suivi dix séances d’une heure sur cinq semaines, avec une moitié des participants bénéficiant de séances de rappel.

Les résultats de l’étude ont révélé que seul l’exercice de vitesse a montré une efficacité significative, et ce, uniquement chez les individus ayant participé aux séances de rappel. Dans ce groupe, 40 % des participants ont développé une démence, contre 49 % dans le groupe témoin. Cela représente une réduction de 25 % du risque de développer la maladie, selon les chercheurs.

Marilyn Albert, coautrice de l’étude et directrice du Centre de recherche sur la maladie d’Alzheimer à Johns Hopkins Medicine, souligne l’importance de ces résultats : “Il est remarquable de constater que l’entraînement à la vitesse accélérée était associé à un risque moindre de démence deux décennies plus tard, car cela suggère qu’une intervention non pharmacologique relativement modeste peut avoir des effets à long terme.”

Elle ajoute qu’un léger retard dans l’apparition de la démence pourrait avoir un impact considérable sur la santé publique, contribuant ainsi à réduire les coûts croissants des soins de santé. Cette découverte ouvre la voie à des approches préventives qui pourraient être mises en œuvre à grande échelle.

Au-delà des chiffres, cette recherche souligne l’importance d’adopter des habitudes de vie favorables à la santé cognitive. L’entraînement cognitif, lorsqu’il est intégré à un mode de vie actif, pourrait constituer un pilier essentiel dans la lutte contre la démence. Bien que les résultats soient encourageants, ils nécessitent une mise en perspective et une étude plus approfondie pour confirmer leur applicabilité à une population plus large.

En conclusion, l’étude menée par les chercheurs de Johns Hopkins apporte un éclairage nouveau sur le potentiel de l’entraînement cognitif pour réduire le risque de démence. Dans un contexte où les défis liés à cette maladie sont de plus en plus pressants, ces résultats pourraient contribuer à façonner les futures stratégies de prévention et d’intervention.