Un entrepreneur utilise ChatGPT pour créer un vaccin personnalisé pour son chien malade

À Sydney, Paul Conyngham se trouve confronté à un dilemme tragique : la santé de sa chienne, Rosie, est en péril. Diagnostiquée en 2024 avec un cancer des mastocytes, une tumeur courante chez les chiens, Rosie, croisée staffy et Shar Pei, subit des traitements de chimiothérapie sans résultat probant. Devant l’inefficacité de ces thérapies, son maître, entrepreneur en intelligence artificielle, décide d’explorer des solutions innovantes en consultant un outil de conversation : ChatGPT.

EN BREF

  • Paul Conyngham utilise ChatGPT pour créer un vaccin anticancer personnalisé pour sa chienne.
  • Rosie, atteinte d’un cancer des mastocytes, a vu ses tumeurs diminuer significativement après le traitement.
  • Ce projet met en avant le potentiel de l’immunothérapie et des technologies de séquençage génomique.

Le parcours de Rosie, adoptée en 2019, prend un tournant décisif lorsque les vétérinaires lui annoncent que son état s’aggrave malgré les traitements classiques. Refusant d’accepter cette fatalité, Paul Conyngham commence à rechercher des alternatives. Son approche novatrice l’amène à interroger ChatGPT, qui lui suggère d’explorer l’immunothérapie et de procéder au séquençage du génome tumoral de Rosie.

Guidé par ces conseils, Paul prend contact avec le Ramaciotti Centre for Genomics de l’UNSW, où des chercheurs acceptent de l’aider contre rémunération. Ils transforment la tumeur de Rosie en données, permettant ainsi de comparer son ADN à celui d’un chien en bonne santé. Cette analyse vise à identifier des mutations spécifiques à son cancer, étape cruciale pour la suite du traitement.

Pour aller plus loin, Paul utilise également AlphaFold, un outil d’IA développé par Google DeepMind, capable de prédire la structure des protéines mutées. En s’appuyant sur ces données, son équipe découvre un médicament d’immunothérapie pouvant potentiellement cibler les cellules cancéreuses de Rosie. Malheureusement, le laboratoire refuse de fournir ce médicament pour un animal, ce qui pousse Paul à faire preuve de créativité.

Le chimiste Páll Thordarson, directeur de l’UNSW RNA Institute, rejoint alors le projet. Ensemble, ils conçoivent le premier vaccin anticancer personnalisé pour un chien, basé sur les mutations spécifiques de Rosie. Ce vaccin à ARN messager, conçu en moins de deux mois, vise à éduquer le système immunitaire de la chienne pour qu’il puisse reconnaître et attaquer ses cellules tumorales. Comparativement, des entreprises comme Moderna testent des vaccins similaires chez l’humain.

Rosie reçoit sa première injection en décembre, suivie d’un rappel en février. Moins d’un mois plus tard, une amélioration spectaculaire est observée : la taille de la plupart des tumeurs a diminué, certaines de plus de 75 %. La chienne retrouve une énergie nouvelle, capable de sauter des clôtures et de courir après les lapins. Paul se souvient avec émotion : « En décembre, elle avait peu d’énergie car les tumeurs représentaient un énorme fardeau pour elle. »

Pour Páll Thordarson, cette expérience souligne le potentiel d’une technologie capable de « démocratiser » la conception de vaccins personnalisés. Toutefois, il rappelle que certains nodules tumoraux de Rosie n’ont pas répondu au traitement et que des essais rigoureux seront essentiels pour valider ces approches innovantes chez l’humain.