Un homme de 34 ans a été interpellé ce mardi matin en Haute-Vienne, suspecté d’être lié à l’incendie volontaire de la mairie de Limoges survenu le 17 octobre, en pleine journée de mobilisation contre la vie chère. Cette information a été confirmée par le parquet, suite à des précisions de l’AFP et RTL. Le suspect, connu pour son appartenance à l’ultragauche, est fiché S pour des faits de violences sur des personnes dépositaires de l’autorité publique.
EN BREF
- Un homme de 34 ans, fiché S, soupçonné d’avoir incendié la mairie de Limoges.
- Interpellation réalisée à Bussière-Boffy, avec l’assistance du RAID.
- Le parquet antiterroriste évalue l’organisation éventuelle de l’acte.
Le suspect a été arrêté dans une petite maison isolée à Bussière-Boffy, localité récemment intégrée à la commune de Val-d’Issoire. Cette opération a mobilisé l’antenne bordelaise du RAID, unité d’élite de la police nationale. Selon des sources proches du dossier, l’individu réside dans le département de la Creuse et travaille en intérim dans le bâtiment. Des voisins, sous couvert d’anonymat, ont rapporté qu’il est également engagé dans des actions en faveur de l’environnement.
Son implication dans des manifestations anti-projet, notamment contre une usine de pellets à Guéret en 2024, est notable. Il avait été poursuivi pour avoir porté des coups à un policier lors d’une manifestation, relaxé en première instance en 2025, puis condamné en appel à un an de prison avec sursis. Il avait également déposé un pourvoi en cassation, comme le souligne le quotidien local Le Populaire du Centre.
Lors d’une audience, il avait exprimé son engagement en faveur de la défense de l’environnement, en lisant un texte sur ce sujet. Il a participé à des actions menées par le collectif écologiste Les Soulèvements de la Terre. Le maire de Limoges, Guillaume Guérin, a déclaré à la presse que le suspect pourrait être le cerveau de l’incendie. Il a exprimé son scepticisme quant à la possibilité que cet acte ait été réalisé sans une préparation adéquate, affirmant qu’il ne s’agit pas d’une destruction ordinaire.
Le parquet national antiterroriste (Pnat) n’a pas encore pris en charge l’affaire, se contentant d’évaluer la situation en collaboration avec le parquet de Limoges. Ce dernier cherche à déterminer si les actes commis à la mairie de Limoges relèvent d’une action concertée et organisée, susceptible de semer la terreur, et par conséquent, d’évaluer l’existence d’une entreprise terroriste.
Le ministre de la Justice, Gérald Darmanin, a souligné que des organisations d’ultragauche semblent s’être organisées dans plusieurs régions, y compris le Limousin, avec pour but d’attaquer l’autorité de l’État et de s’en prendre à des symboles de la République. La qualification de ces actes en tant qu’actes terroristes relèvera de la responsabilité du Pnat, avec le soutien de la DGSI et de la SDAT.
Dans un contexte où la tension sociale est palpable, cet incident souligne les enjeux croissants liés à l’extrémisme violent et à la radicalisation. Les autorités restent vigilantes face à de tels actes, qui pourraient remettre en cause l’ordre public et la sécurité des institutions.