Un homme inculpé pour avoir projeté un attentat contre Nigel Farage

La police antiterroriste britannique a annoncé, ce vendredi, l’inculpation de Joshua Kerry, un homme de 28 ans, pour préparation d’actes de terrorisme. Déjà mis en cause dans le meurtre de l’ancienne députée et porte-parole de Reform UK, Ann Widdecombe, en juillet dernier, Kerry est suspecté d’avoir planifié des actions visant le chef de ce même parti, Nigel Farage.

EN BREF

  • Joshua Kerry, 28 ans, inculpé pour préparation d’attentats.
  • Il est déjà poursuivi pour le meurtre d’Ann Widdecombe.
  • Une enquête antiterroriste est en cours suite à une attaque au domicile de Farage.

Les faits qui lui sont reprochés se seraient déroulés entre le 31 mai et le 8 juillet 2024. Vicki Evans, la coordinatrice nationale de la police antiterroriste, a déclaré que l’enquête, jugée « extrêmement complexe », mobilise une équipe de détectives, d’analystes et d’experts en médecine légale. Joshua Kerry doit se présenter devant un tribunal londonien ce mercredi.

Cette inculpation intervient dans un contexte préoccupant, puisque la police antiterroriste a rouvert en août une enquête concernant une attaque au cocktail incendiaire dirigée contre le domicile de Nigel Farage, situé dans le sud de Londres. Les enquêteurs ont indiqué avoir identifié une piste qui n’avait pas été « exploitée » auparavant. En avril, Farage avait révélé au Daily Telegraph qu’un engin incendiaire avait été introduit par la boîte aux lettres de son domicile alors qu’il n’était pas présent, qualifiant cet acte de « tentative d’incendie criminel ».

La ministre britannique de l’Intérieur, Shabana Mahmood, a exprimé sa « plus sincère sympathie » à Nigel Farage et à sa famille. Dans un commentaire publié sur X, elle a affirmé : « Que personne ne s’y trompe : une attaque contre une personnalité politique est une attaque contre nous tous. » Elle a également souligné que cette affaire soulève « de sérieuses questions quant à la sécurité des personnes exerçant des responsabilités publiques ».

Joshua Kerry avait été arrêté le 11 juillet, deux jours après la découverte du corps d’Ann Widdecombe, âgée de 78 ans, à son domicile de Haytor, dans le Devon. Il est soupçonné de l’avoir tuée en la frappant à la tête à plusieurs reprises avec un marteau. Les forces de l’ordre locales avaient, dans un premier temps, écarté un mobile politique, mais la police antiterroriste a par la suite repris l’enquête, qualifiant le meurtre d’« attaque ciblée ».

La mort d’Ann Widdecombe s’inscrit dans une série d’attaques contre des responsables politiques britanniques au cours de la dernière décennie. On se souvient notamment de l’assassinat de la députée travailliste Jo Cox en 2016 par un sympathisant néonazi, ainsi que du meurtre en 2021 du député conservateur David Amess, tué par un partisan du groupe État islamique. Ces événements soulèvent des préoccupations croissantes concernant la sécurité des personnalités politiques au Royaume-Uni.

Alors que l’enquête se poursuit, les autorités restent vigilantes face à la menace terroriste croissante, et la situation actuelle met en lumière les défis auxquels sont confrontées les forces de l’ordre dans la protection des figures publiques.