Dans les bois de l’Oregon, un fait extraordinaire se déploie : un Boeing 727-200, autrefois avion de ligne, a été réaménagé en maison par Bruce Campbell, un ingénieur électricien à la retraite. À 76 ans, ce passionné d’aviation vit dans son avion depuis 25 ans, entouré d’une forêt qu’il a lui-même plantée.
EN BREF
- Bruce Campbell vit dans un Boeing 727 transformé en maison depuis 25 ans.
- Il a acheté l’avion en Grèce pour 100 000 dollars et l’a réassemblé dans les bois de l’Oregon.
- Son projet vise à prouver la viabilité du recyclage aéronautique à l’échelle mondiale.
Direction Hillsboro, dans l’Oregon, où une curiosité attire les regards : un avion de ligne, intact, se dresse majestueusement au milieu de la nature. Ce n’est pas une épave laissée à l’abandon, mais la maison de Bruce Campbell, un homme qui a décidé de vivre autrement.
Le parcours de cet ingénieur a commencé en 1999, lorsqu’il a acheté le Boeing 727 à une société de récupération en Grèce. Inspiré par des images d’un cimetière d’avions dans le désert de l’Arizona, il a vu une opportunité unique de sauver un appareil de la ferraille. Après des étapes logistiques complexes, l’avion a été transporté en pièces détachées jusqu’à son emplacement actuel, où il a été réassemblé avec soin.
« Les avions sont des structures incroyables, conçues pour résister à des conditions extrêmes. Les détruire est un gâchis », déclare Bruce, qui voit en son chez-soi un symbole de durabilité. En effet, chaque jour, environ trois avions de ligne sont retirés du service, et la plupart finissent broyés. Pour lui, ces géants du ciel méritent une seconde vie.
Un espace de vie unique
Vivre dans un Boeing 727 n’est pas une simple expérience de camping. Bruce a aménagé son espace de 99 m² en studio, équipé d’une douche et de toilettes fonctionnelles. Pour ses besoins quotidiens, il dépense environ 332 euros par mois en électricité et en taxes foncières. Ce coût inclut également les frais engagés pour la rénovation et le déplacement de l’appareil, bien que Bruce n’ait pas fourni de détails sur le montant total.
Il décrit sa vie dans l’avion comme une « aventure exploratoire permanente ». Pour lui, chaque coin de son chez-soi, avec ses portes astucieuses et ses trappes, est une invitation à la découverte. En 25 ans, il a planté des centaines d’arbres autour de l’avion, créant ainsi une canopée verdoyante qui renforce cette impression d’isolement en pleine forêt.
Un projet ambitieux à l’international
Bruce ne s’arrête pas là. Il prévoit de lancer un second projet au Japon, où il envisage d’acheter un Boeing 747-400, encore plus grand. Ce nouveau défi, qui s’annonce complexe, vise à prouver que son concept de maison-avion peut être reproduit à l’échelle mondiale. Il passe une partie de son année au Japon pour surmonter les obstacles administratifs et logistiques. Si cela s’avère difficile, il envisage des alternatives en Nouvelle-Zélande ou en Australie.
En attendant, Bruce partage ses expériences et conseils sur son site internet, espérant inspirer d’autres passionnés à sauver les avions condamnés à la ferraille. Son rêve est que, dans un avenir proche, les avions de ligne ne soient plus détruits, mais transformés en logements ou en entreprises.
À 76 ans, Bruce Campbell continue d’imaginer un monde où les structures aéronautiques connaissent une seconde vie. Son projet de maison-avion est un exemple emblématique de créativité et de durabilité. Reste à voir si son 747 suivra le même chemin que son 727, mais une chose est sûre : son rêve de recyclage aéronautique dépasse largement les frontières de l’Oregon.